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lundi 20 octobre 2003
par Denis Boudreau

Approches libres ou propriétaires ?

Au cours d'une discussion portant sur les enjeux stratégiques du développement Web conforme et accessible avec une cliente récemment, où je poursuivais mine de rien mon petit boulot quotidien d'évangéliste, cette dernière me demanda tout à coup innocemment qu'elle était la différence entre l'approche libre et l'approche propriétaire. Sur le coup, la question m'a surprise un peu parce que ce n'est généralement pas le genre de sujets auquel les néophytes s'attardent, souvent bien plus concernés par le retour potentiel sur l'investissement d'aller dans le sens des normes. Toutefois, si la question méritait largement d'être répondue, je me suis dit qu'elle aurait aussi toute sa place en ces pages, pour éclairer ceux et celles qui éprouvent toujours des doutes à cet effet. Ainsi donc, je vous livre ici l'essentiel de ma réponse.

C'est vrai après tout; nous parlons régulièrement de normes propriétaires ou fermées, de normes libres ou ouvertes sans pour autant spécifier qu'elles sont les différences fondamentales entre ces deux approches. Sans forcément entrer trop dans les détails, nous allons trancher la question ce soir et définir, une fois pour toutes, quelles sont les différences fondamentales entre les deux approches.

Par une approche de type propriétaire, on entend un mode de développement à l'intérieur duquel le producteur du produit, de la norme ou de l'application demeure seul et unique maître de son développement. Cette approche, préconisée par les grandes mégacorporations comme Macromedia, Sun, IBM ou MicroSoft (comment ne pas l'évoquer ?), implique généralement un mode de développement en vase clos, produisant généralement des applications autonomes à visées mercantiles ou corporatistes, dont les producteurs demeurent propriétaires à part entière et qui nécéssitent inévitablement de lourds coûts d'adaptation en investissement et en temps lorsqu'un tierce partie tente de les réutiliser ou de les adapter à son propre besoin.

La philosophie qui s'oppose naturellement à l'approche de type propriétaire, vous l'aurez deviné, c'est l'approche libre ou ouverte. Se voulant plus globale, plus communautaire et plus collective, cette approche préconise plutôt une collaboration de ses producteurs afin de développer des outils ou des produits de manière collective, afin de permettre à tous de se les approprier facilement. Par définition gratuits et libres de droits de propriétés intellectuelles, ces produits sont généralement offerts sous une license les protégeant de toute visée commerciale. Les normes mises de l'avant par le Consortium W3 comme HTML, CSS ou XML, ou les navigateurs Web alternatifs comme Mozilla et K-Meleon sont d'excellents exemples de produits libres et ouverts.

Voilà donc, en quelques mots, les différences fondamentales entre ces deux approches.

Denis Boudreau | 2003.10.20 @ 21:59

Alors, qu'en pensez-vous ?

Voici ce que vous aviez à en dire... vos impressions, recueillies à vif.

2003.10.21 @ 08:46 par gou

Approche libre ou propriétaire? en fait, je m'attendais plus à un commentaire sur le format, et non le logiciel.

Je crois qu'avant de faire la promotion du logiciel libre auprès du néophyte, le plus important est de les sensibiliser aux contraintes des formats fermés (comme le on-ne-peut-plus-classique .DOC) versus les formats ouverts (comme le fabuleux XML).

C'est des réalités qui vont toucher tout particulièrement toute personne qui a déjà travaillé avec, par exemple, WordPerfect il y a quelques années et s'est buté au mur de Word maintenant (je sais, la conversion se fait, non sans petits problèmes par contre).

Bref, le logiciel libre, c'est bien, mais le format ouvert, c'est mieux!

eh eh! beau slogan! (on dirait la pub de lait!)

L'un ne va pas sans l'autre, si on sensibilise les gens aux formats ouverts, ils devront se tourner vers les logiciels libres, car c'est principalement eux qui produisent ce type de fichier.

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2003.10.21 @ 08:58 par CYBERcodeur

Ben c'est vrai que j'aurais pu aller dans ce sens là aussi, mais dans le cadre de la discussion que j'ai eu avec la dame en question, cela ne s'y prêtait pas... aini, en retransmettnt cette information ici hier soir, je n'ai même pas pensé à gratter en dessous pour aborder cette facette. :)

Remarque, on pourrait très bien approfondir ici même... quelqu'un a quelque chose à ajouter ? ;)

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2003.10.21 @ 10:01 par Elie Sloïm

Bonjour,

Un petit ajout, effectivement: pour bien faire comprendre les différents enjeux du libre et du propriétaire, il me semble intéressant d'insister plus sur les effets et non sur les causes. C'est un peu ce que dit gou, qui parle de format ouvert.

On pourrait notamment parler d'interoperabilité, de maintenabilité, de fiabilité, de compatibilité ascendante et descendante, de sécurité, de coût de mise à jour, de qualité du produit, au détriment des questions liées au profit qui ont tendance à placer sur le terrain poltico-économique des choses qui n'ont finalement pas grand chose à y faire, au moins en ce qui concerne nos choix techniques.

En ce qui me concerne, je pense avoir trouvé l'arme absolue, qui remplace utilement tous les discours : la demo.

J'ai fait dimanche une install complète d'OpenOffice devant le DSI d'un groupe de 6000 personnes. Nous avons par la suite ouvert des documents et les avons réenregistrés puis réouverts au format de la suite propriétaire d'un grand éditeur. Dois-je ajouter 'de Seattle' ?
;-)

La question qu'il se et me posait la veille sur la qualité d'une application open Source ne se posera jamais plus en ce qui le concerne.

Il sait qu'il pourra faire marche arrière, il sait qu'il a le choix, il connaît les risques, et il m'a d'ailleurs envoyé ce matin un article sur la qualité de l'opensource, et sur les économies qu'il permet de générer dans les entreprises (suppression du coût des licences ET dans certains cas, diminution des coûts de non qualité).

Un de plus...


A bientôt
Elie

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2003.10.21 @ 10:58 par David

Les grandes corporations ont aussi intérêt dans le développement d'applications libres. Sinon pourquoi IBM financerait eclipse ou Sun ferait de même pour OpenOffice (en passant plus de 100 programmeurs de chez Sun travaillent sur OOo)

Le problème c'est MS, et il va nécessairement se faire dépasser tel le gigantosaure qu'il est devenu.

La démo est effectivement la meilleure arme, une fois qu'un habitué de MSIE a vu firebird et son 'tab-browsing' il y a de fortes chances qu'il l'utilise régulièrement...

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2003.10.21 @ 11:37 par Anubis

Une petite précision tout de même :

Le fait d'utiliser un format (ou logiciel) libre n'est pas incompatible avec la notion de commercial.

Je pense notamment aux sociétés qui vendent des distributions Linux, ou encore aux jeux vidéos utilisant des fonctionnalités du libre (les textes de Warcraft III sont rendus avec la freetype, les sons de Unreal Tournament 2003 sont en OggVorbis).

Le principe de libre (free) se rapproche donc plus de la liberté d'utilisation et de modification que de la gratuité pure, celle-ci n'étant qu'une conséquence (comment faire payer pour quelque chose libre d'utilisation).

Par contre, rien n'interdit (dans la GPL par exemple) d'utiliser le produit libre dans un produit propriétaire, à partir du moment où celui-ci est explicitement cité comme utilisé et libre.

Par contre, je sens dans ton discours une pointe de préférence pour le logiciel libre, je pense que ce n'est pas la place pour ce genre de débat, surtout pour un message à caractère aussi informatif.

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2003.10.21 @ 12:07 par Bobe

'Par contre, rien n'interdit (dans la GPL par exemple) d'utiliser le produit libre dans un produit propriétaire, à partir du moment où celui-ci est explicitement cité comme utilisé et libre.'

tu confonds pas avec la LGPL ?

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2003.10.21 @ 14:19 par Anubis

Juste deux liens =).

La GPL :
http://www.gnu.org/licens...
Un extrait de la FAQ :
http://www.gnu.org/licens...

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2003.10.21 @ 16:05 par Dam_ned

Ca depent comment tu definies 'proprietaire'. Si c'est 'fermé' ou seulement open source alors ce que tu dit est faut. Le programme que tu vends et qui inclue du code GPL doit etre sous licence GPL lui aussi donc accès au sources librement utilisables, diffusables, copiables et modifiables. Contrairement à la licence BSD qui elle accepte que tu vendes un produit fermé avec du code BSD dedans a condition de concerver la licence sur le code BSD. (la MPL est sur le meme ordre d'idée)

Dam

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