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jeudi 02 octobre 2003
par Denis Boudreau

Pompage d'octobre est arrivé

Alors pour une fois que nous rencontrons sensiblement nos objectifs de dates de tombées, on va quand même prendre le temps de se féliciter un peu. D'autant plus que si vous avez un peu suivi l'évolution de Pompage depuis quelques semaines, vous savez que nous venons à peine de produire l'édition de septembre. Alors, produire aussi rapidement l'édition d'octobre est quand même digne de mention. C'est qu'il pince quand il fend l'air, le nouveau fouet du rédacteur en chef par intérim ! ;)

J'ai encore une fois l'honneur d'en signer l'éditorial et j'en suis fort honoré. Cependant, les contraintes éditoriales étant ce qu'elles sont, l'édito d'octobre que j'avais initialement pondu a été passablement coupé de sa version originale, ce qui me donne envie de vous offrir la version allongée ici. À vous d'en faire ce que vous voulez (et de récupérer la petite morale qui s'y trouve par le fait même) :

Les coulisses d'une méthodologie

Le discours des évangélistes, des intégristes et autres sympatisants à la cause des normes issues du Consortium W3 est tellement imprégné de la nécéssité de faire passer l'intégralité du message des avantages induits des normes que nous en oublions souvent que les standards ne sont qu'un enjeu parmi tant d'autres dans la grande chaîne de production des applications Web. Un aspect important certes, mais pas plus que ne le serait l'ergonomie des interfaces ou l'architecture des contenus. Si ce phénomène d'appropriation émotive est compréhensible, il n'en demeure pas moins qu'il peut s'avérer très risqué pour la cause des normes, de l'interopérabilité et de l'accessibilité de toujours aborder la problématique des sites aux méthodologies obsolètes par le même angle, celui de la comparaison péjorative.

L'argumentation, c'est l'art de transformer la moindre détractation en avantage irréfutable. Dans la mouvance d'une sensibilisation aux méthodologies Web évoluées du vingt-et-unième siècle, il ne faut jamais perdre de vue que lorsque nous tentons d'ébranler l'industrie du multimédia dans ses fondements, sa faible réceptivité ne peut avoir d'égal que sa rébarbativité si tout ce qu'elle est en mesure de saisir de notre propos est l'attaque que nous portons à sa compétence. Cela devient particulièrement vrai si les arguments que nous lui servons sont maladroits, peu documentés, ou inadéquatement soutenus par des preuves concrètes et ce, de manière articulée.

L'acquisition d'une pensée articulée autour des normes est une dynamique qui demande de la réflexion et de l'effort intellectuel, qui exige de suivre une certaine méthodologie pour arriver à se mettre en place d'elle même dans l'argumentaire de l'évangéliste. Ce n'est pas un travail de tout repos, mais il est réalisable dans la mesure où celui qui l'expose garde l'esprit assez ouvert pour que ses opposants puissent voir l'aspect positif du message qui y est livré. Je suis d'avis qu'une bonne méthodologie est à la base de toutes grandes réussites, que celle-ci soit au niveau de la conformité du code, ou de la pénétration du message... D'où l'intérêt de l'article de ce mois-ci.

Nous aurions pu aborder l'aspect de la méthodologie de conception de plusieurs angles différents, avec autant de textes, tous aussi intéressants les uns que les autres. Notre décision de choisir celui de Douglas Bowman repose justement sur cette ouverture d'esprit que nous devons cultiver face aux divers aspects de normalisation des méthodologies de conception et s'inscrit parfaitement bien dans une dynamique d'ouverture amorcée avec l'article vedette du mois dernier.

"Les coulisses d'un design", ne parle pas des normes du W3C directement, bien que leur influence puisse se faire sentir à travers tout le texte, mais parle simplement d'une approche standardisée de conception d'interface, sur trame de populaires jardins japonais. Si je vous en recommande chaudement la lecture, je vous en recommande doublement la deuxième, celle qui se dissimule entre les lignes de la première et qui permet d'apprécier plus justement la beauté du travail collaboratif inhérent à la production d'un site Web.

C'est promis Sam, la prochaine fois, je ferai plus court encore. Et la fois suivante, encore plus court. Ainsi, dans quelques mois, je devrais être en mesure de produire un texte de seulement quelques 500 mots. Trop m'étendre, il faut croire, c'est l'histoire de ma vie.

Denis Boudreau | 2003.10.02 @ 14:48

Alors, qu'en pensez-vous ?

Voici ce que vous aviez à en dire... vos impressions, recueillies à vif.

2003.10.02 @ 17:08 par Sam

Ne t'en veux pas, dis-toi qu'en Amérique on voit toujours les choses en plus grand que dans la vieille Europe ! Et si ça peut te réconforter, tu ne seras pas le dernier à qui je demanderai la cure d'amaigrissement ;) Tiens, d'ailleurs je m'en vais amender mon post sur le sujet.

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2003.10.02 @ 20:20 par CYBERcodeur

C'est vrai qu'en Amérique, on a les super size chez McDo... mais c'est un phénomène américain, pas québécois... serais-je plus influencé par les ricains que je n'ose me l'avouer ??? C'est venu me chercher même dans mon écriture ?

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2003.10.03 @ 10:03 par Elie

Bonjour,

Je cite Denis :
'Le discours des évangélistes, des intégristes et autres sympatisants à la cause des normes issues du Consortium W3 est tellement imprégné de la nécéssité de faire passer l'intégralité du message des avantages induits des normes que nous en oublions souvent que les standards ne sont qu'un enjeu parmi tant d'autres dans la grande chaîne de production des applications Web. Un aspect important certes, mais pas plus que ne le serait l'ergonomie des interfaces ou l'architecture des contenus. '

J'ai révé de lire ça sous la plume d'un évangéliste des standards du web. Denis l'a fait. Ouf !

Une fois que cette simple base est posée, il est parfaitement possible de chercher et je l'espère de trouver des synergies entre les différents aspects d'un projet web (mais je préfère étendre cette notion aux services en ligne).

Lorsque l'ergonome ne méconnait pas l'existence des spécialistes de la QoS, lorsque le spécialiste des standards ne méconnait pas les contraintes du responsable communication, lorsque chaque petit (ou grand) webmestre que nous sommes prend conscience de la multitude de compétences qu'il doit maîtriser pour atteindre simultanément ses objectifs et ceux de ses visiteurs, nous pouvons échanger de façon constructive...

Mais tout le monde n'est pas prêt. J'ai rencontré des ergonomes, des informaticiens, et depuis quelques temps des experts des standards du web aussi compétents qu'ils sont étriqués du point de vue de leur ouverture d'esprit.

Qui veut parler du fond ? Ca sert à quoi un service en ligne ? Et quels moyens met-on en oeuvre pour que ça serve vraiment, et à tout le monde...Faut-il mettre tous ses oeufs dans le même panier ou ventiler ses efforts (et je ne parle pas que des gros sous, je parle de temps,de moyens, de formation aussi...) ?

Partout où je vais en ce moment, je parle de vos initiatives, et quelquefois auprès de personnes ou dans des endroits dont vous pourriez sans doute sous-estimer l'intérêt stratégique. J'espère ne pas être décu par cette communauté que j'apprends à estimer. Et c'est pourquoi je réagis quand je lis cet édito, parce que comme on dit, c'est pas tous les jours dimanche...

Dans la suite, je vais peut-être apparaître comme un monomaniaque, voire comme quelqu'un qui utilise ce type de commentaire pour mettre en évidence ses activités commerciales (mais tant pis, que Denis n'hésite pas à supprimer ou amputer ce message s'il a ce sentiment).

Actuellement, malgré notre passage en XHTML, notre discours sur la qualité des services en ligne n'a presque aucune résonance auprès des spécialistes des standards.
J'ai écrit il y a quelques mois que j'espèrais que notre passage en XHTML et notre mise en conformité faciliterait les commentaires sur le fond. Je pensais naïvement que notre non-conformité était un obstacle pour faire passer mon message auprès de spécialistes des standards. Quelle déception...

Exemple le plus criant :
Nous avons proposé un outil d'auto-évaluation de la qualité d'un site. Je ne connais pas d'équivalent libre sur le Web. Je crois que toutes mes forces que c'est d'utilité publique. Je crois également que c'est intimement lié à la nature de votre métier et des idées que vous défendez.

Pas un des pompeurs, pas un des évangélistes n'a cru bon de réagir sur le fond.

Pas pertinent ? inutile ? stupide ? idéaliste ? Je l'ignore. Mais ça m'intéresserait de savoir, et je l'ai dit, de la façon la plus claire possible..

Conforme, pas conforme ?
Sans doute, car dans le cas contraire, il y a fort à parier qu'on me l'aurait déjà signalé. Mais il faut être clair : je m'en fiche, car ça n'est pas un but en soi.

Comment faire, dès lors ? Laisser tomber ? Dire que chacun a ses problèmes, que chacun a son sujet de prédilection et son domaine de compétences ?.

La réponse est non. Pas question. Il faut contribuer à diffuser les bonnes pratiques. Toutes les bonnes pratiques.

Je précise que je n'attends aucun soutien particulier, et je vais continuer à prêcher sur mon domaine d'activité, qui a l'immense avantage de contribuer à faire connaître le travail des autres, dont le vôtre.

Mais lire ce que j'ai lu aujourd'hui, c'est une bouffée d'air.

Très amicalement
Elie

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2003.10.05 @ 23:42 par CYBERcodeur

Un très long commentaire auquel je vais tenter de répondre le plus efficacement possible, parce que cela traite d'un enjeu très important, qui me rejoint de plus en plus dans le cadre de mes activités professionnelles et de mes préoccupations personnelles.

Je suis d'avis, tout comme toi Elie, qu'il est grand temps que le discours des évangélistes des normes déborde du cadre fermé de notre petite communauté et aille se frotter sur les disciplines connexes dans la grande chaine de production de sites Web. Depuis maintenant 1 an et demi, je tiens religieusement la barre de ce site, de ce terrain d'exploration qui me permet quotidiennement d'affiner ma position, mes connaissances et ma culture Web, tout en me préparant à la prochaine étape, qui est de prendre mon balluchon et d'aller propager la bonne nouvelle avec une gourde, des sandales et un baton de marche. Ce moment arrive enfin, je me sens de plus en plus prêt à défendre mes opinions intelligemment, avec des arguments réfléchis, éprouvés, documentés et irréfutables. Toute cette expérience, ça ne s'achète pas, ça se mérite. Il ne faut pas avoir peur de se creuser les méninges. Mais lorsque nos pensées finissent par s'éclaircir, encore faut-il savoir ou aller rencontrer ces autres secteurs d'activités qui n'attendent que nous.

Tout comme toi, je suis un peu agacé par la semi-stérilité dans laquelle toutes nos activités baignent. La très grande majorité des lecteurs de CYBERcodeur (du moins ceux qui se manifestent) sont des experts en la matière, des gens très connaissants (souvent beaucoup plus que je ne le suis moi-même), jouissant d'une bonne culture Web et d'une expérience leur permettant d'avoir une opinion assez avisée sur la plupart des sujets qui sont traités en ces pages.

Ils ne sont pas du tout représentatifs des gens que nous tentons de sensibiliser au départ... Pour qui parlons-nous alors ? Pour nous-mêmes ou pour les autres ? Si ce n'est que pour nous, que cherchons-nous à prouver ?

C'est normal, nous évoluons tous ensemble et nous bénéficions bien évidemment de toute la documentation que nous construisons les uns les autres. Si nous nous sommes souvent mesurés les uns contre les autres par le passé, ça s'est toujours fait dans une certaine camaraderie, marquée par la sympathie et le respect que nous éprouvons pour ceux qui partagent nos intérêts et nos passions. Cependant, dans le cadre d'un weblog comme le mien, un certain problème se pose :

Si la majorité de mon auditoire est composée d'experts, je ne peux trop aborder les notions de base sur mon site. Je dois surfer sur le haut de la vague, porter des discussions de front et repousser autant que possible les limites déjà atteintes. Si je me limite aux concepts de base, tout ce beau monde abandonnera le bâteau tôt ou tard, blasés de lire constamment des choses qu'ils connaissent déjà. Du fait, maintenir ce discours tient les non-initiés en dehors du cercle parce que les discussions sont trop techniques. La solution; apprendre à bien doser entre les deux, afn d'essayer de plaire à tout le monde sans pour autant restreindre personne. Ainsi, les initiés ont leur bonbon et les nouveaux se voient offrir la chance de se faire une place dans le cercle. Tout le monde est content. Je pense que dans une certaine mesure, c'est ce que j'essaie de faire, mais ce n'est pas facile de bien gérer tout ça.

Une très bonne porte d'entrée pour notre univers, c'est la liste des Pompeurs. Mais ce n'est pas suffisant car on y apprend surtout à coder, pas forcément à réfléchir sur le code ou sa portée. Tu l'auras deviné, je suis beaucoup plus intéressé par la dimension communicaton et stratégie que par la technique elle-même (même si la stratégie implique un haut niveau de maîtrise technique).

C'est une desraisons pour lesquelles je m'investis dans la cause des standards... pour aider à construire une base de réflexion sur la question, pour transcender la paradigme actuel et évoluer vers ce devenir qui nous pend au bout du nez. C'est pourquoi je m'investis de plus en plus stratégiquement auprès de mes employeurs et des décideurs que je rencontre, que mon discours en ces pages est de plus en plus 'politisé' et teinté d'opinions. J'essaie de maintenir mon niveau d'interventions le plus large possible afin de conscientiser les gens sur les aspects qui sont généralement le moins abordés.

À chacun son truc. Moi ce qui m'importe, c'est que lorsqu'un codeur converti aux normes en parle avec un autre qui ne l'est pas encore, il puisse servir toute une série d'arguments intelligents et constructifs pour le convaincre de la bonne raison d'être de la normalisation. Pour éviter que des gens comme ARNO* n'aient à peter leur coche et rédiger des 'W3C Go Home' parce qu'ils en ont marre de se faire chier par des mecs qui ne savent pas argumenter passé la phrase 'faut valider sinon ton site c'est de la merde'...

La dernière chose que je souhaite, c'est de me faire coller une étiquette d'ayatollah. Je m'efforce de maintenir un esprit ouvert. Je ne veux pas être associé à des gens comme ça parce que fondamentalement, mon but est d'ouvrir à la connaissance et ultimement de servir la cause de l'avancement de ce médium que j'adore. Je suis donc aussi très pro-actif en dehors de mes cercles immédiats, tout en respectant le seuil de tolérance à la douleur de mes interlocuteurs. Si je peux inciter des gens à réfléchir plus loin que le bout de leur nez, alors j'ai réussi le défi que je me suis donné.

Le Web, c'est un travail d'équipe. S'il n'y a que les codeurs qui comprennent les enjeux des normes, on s'en sortira jamais. Ce n'est pas une révolution des méthodes de travail que je cherche à réaliser... c'est un véritable putsch idéologique. Faire table rase de ce que l'on connait et avancer main dans la main avec les autres corps de métier et réapprendre à inventer le Web.

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