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dimanche 16 mars 2003
par Denis Boudreau

ConstellationW3 revisitée

J'ai pris la journée aujourd'hui pour bien ressasser tout ce qui s'est dit lors des conférences d'hier s'étant déroulées dans le cadre de ConstellationW3. J'avais envie de décrocher de mon quotidien ordiné et me décontextualiser suffisamment pour parvenir à bien décanter les lignes directrices de la journée. Je suis allé jouer dans la neige avec mon petit bonhomme, où nous avons glissé, construits des tranchées et rampé dans des tunnels fraîchement creusés par papa Denis; rien de mieux pour laisser l'esprit vagabonder et me faire une idée claire de ce qui m'a plu et déplu dans l'agenda d'hier.

Tout d'abord, je regrette amèrement ne pas avoir été équippé d'un laptop pour pouvoir blogguer en direct et laisser libre cours à mes impressions au fur et à mesure que celles-ci se bousculaient dans ma cervelle. Une quantité incroyable d'idées et d'opinions ont été exposées hier, et j'aurais aimé pouvoir les recracher en direct pour votre plaisir et aussi le mien. Cependant, certains des gens présents, dont Karl et Sylvain, se sont admirablement chargés de faire des synthèses minutes. Vous n'avez donc pas tout perdu. Croyez-moi, lors de la prochaine édition de ConstellationW3, je serai full-equipped. Je me concentrerai donc ici à n'aborder que certains sujets reliés plus précisément aux champs d'intérêts de CYBERcodeur, et vous en livrer le fond de ma pensée sur cette journé dont les enjeux gravitaient autour des pôles économique, technologique et sociétal. Bien évidemment, ce sont ces deux derniers qui m'ont le plus vivement intéressés.

La journée a débuté avec une conférence de Philippe Le Roux de VDL2 sur la question du Web. Mais oui, au fait, qu'est-ce que c'est le Web ? Un médium ? Un média ? Une vulgaire boutique ? Selon Philippe (et, toutes réflexions faites, j'abonderais sensiblement dans le même sens), le Web n'est en fait qu'un espace. Un espace d'information qui peut être à la fois boutique, médium, média ou une multitude d'autres choses. Un espace de destinations, composé d'hyperliens qui le tisse en une grande toile, un grand réseau. Dans les faits, un espace tri-dimensionnel composé de pages en deux dimensions. La vision qu'avait Philippe du Web a suscité des discussions enflammées très intelligentes parce qu'évidemment, tout le monde n'était pas de son avis. Quand ça fait des années que l'on représente le Web comme un médium, de telles allégations peuvent en surprendre plus d'un.

Ce que je retiens principalement de ces échanges passionnés, c'est que peu importe l'utilisation que l'on en fait ou la définition que l'on lui donne, le Web est d'abord et avant tout un espace mis à la disposition de l'humain. Pour qu'il puisse être utilisé efficacement, cet espace se doit d'être représenté par un mode de fonctionnement adapté aux buts de l'espace en question (le site Web et ses systèmes). Il n'y a donc pas de vérités toutes faites ou de moules parfaits. Seulement des visions divergentes, animées par des discours engagés.

D'un aspect logistique, par "chance", certains orateurs ont du décommander; dès cette première conférence, les discussions nous entraînent dans un retard de près d'une heure... Une heure que nous n'arriverons bien sûr pas à rattrapper. Dès 10 heures AM, ça sentait dèjà le débordement. S'il eut fallut que tout le monde présente quelque chose, nous aurions dû y passer la nuit.

Deuxième point d'intérêt de la journée, la présentation de Sébastien Paquet sur le Web social et son impact; un sujet passionnant. Sébastien traite de la création de groupes d'intérêt autour de sujets sur et par le Web (dont les Weblogs sont la plus belle représentation) et les nouvelles tendances sociétales qui en émergent. Sa constatation initiale est à l'effet qu'à partir d'un pôle d'intérêt quelconque, un individu autrement anonyme est en mesure de découvrir d'autres individus tout aussi anonymes qui peuvent tisser entre eux des liens très forts, sans jamais se rencontrer physiquement et que curieusement, les thèmes les plus obscurs partagés entre des individus créent par le fait même les liens les plus forts.

Sébastien mit ainsi en lumière un phénomène de personnalisation : par l'intérêt grandissant pour les Weblogs, les internautes passent moins de temps dans les outils grand public, au profit des ressources issues de ce réseau social constitué. J'ai particulièrement apprécié la présentation de Sébastien parce qu'elle dépeignait ma propre expérience du Web avec CYBERcodeur; mes rencontres virtuelles avec les membres du collectif d'OpenWeb, ma collaboration avec le W3C, mes échanges avec le WaSP et la création de W3Québec en sont de parfaits exemples.

Rien de tout cela n'eut été possible sans cette belle invention qu'est le Web.

Plus tard dans la journée vint la présentation de Karl Dubost, coiffé de sa casquette du W3C et fraîchement revenu d'Austin, Texas (le chanceux). Je l'avoue, j'attendais cette conférence depuis le début. De par mes intérêts pour les standards du Web, je me doutais bien que mon bon ami Karl serait celui qui m'en donnerait le plus pour mon argent. En apparence, rien de bien nouveau pour quelqu'un comme moi qui bidouille avec le travail du W3C depuis des années. Cependant, dans sa présentation (toute de SVG construite, svp) sur les prochaines normes du W3C, Karl nous a dépeint ce qui s'en venait comme standards éventuels pour le Web; SVG, SMIL, Web sémantique, SOAP, etc.

Du coup, son diagramme me fait réaliser une chose : et si le Web de demain n'était construit que de normes ? SVG et SMIL pour remplacer Flash, XML pour la structure des contenus, etc... que serait le Web en terme d'interopérabilité et d'accessibilité si plus aucune technologie n'était propriétaire ? Il faudra définitivement que j'en reparle avec lui dans un avenir rapproché. Sa présentation m'a réellement ouvert les yeux sur quelque chose que je n'avais que partiellement envisagé jusqu'à aujourd'hui.

Une nouvelle piste à développer.

Finalement, la présentation de Michel Dumais sur les enjeux du gouvernement électronique. Encore une fois, des discussions profondément intelligentes et éclairés sur l'intérêt du logiciel libre au détriment des technologies propriétaires. On cite en exemple l'histoire d'horreur du format WordPerfect qui a coûté des millions de dollars aux industries lorsque les standards du document électronique sont passés au mains de Microsoft Word. Doit-on accepter que notre gouvernement soit pris en otage par les sociétés qui les emprisonnent dans les dédales de leurs logiciels fermés ou devrait-on revendiquer l'usage du libre et la liberté de choisir ses fournisseurs ? Des dizaines de questions qui demeurent sans réponses, mais une étincelle de doute germe dans mon esprit; et si je me mettais au libre moi aussi ? Hummm...

Mon plus grand regret ? Le débordement de l'horaire, qui m'a contraint à manquer en fin de journée la présentation de René Barsalo du nouveau site de Michel Cartier et tout ce qui a bien pu s'ensuivre... la plus que probable bière dans un bar de la rue St-Denis, le resto, les post-discussions, le feedback, etc... Si on était parvenu à entrer dans les temps, j'aurais pu y participer. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois peut-être. Quoiqu'il en soit, merci encore d'avoir rendu cet événement possible !

Denis Boudreau | 2003.03.16 @ 23:22

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Voici ce que vous aviez à en dire... vos impressions, recueillies à vif.

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