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archives d'octobre 2004

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samedi 30 octobre 2004
par Eric Daspet

Liens et nouvelle fenêtre

Ce qui est gênant avec les mauvaises questions c'est que la réponse semble toujours hors-sujet à notre correspondant. En réalité c'est souvent la question qui est hors sujet par rapport à son problème. Si je vous parais hors sujet dans la première partie de cet article, dites vous bien que c'est parce que j'essaie de répondre au problème réel, pas à la question.

" En HTML strict on ne peut pas utiliser l'attribut target sur les liens, comment ouvre t-on une nouvelle fenêtre alors ? "

Hier encore j'ai vu cette question. Je la vois trop souvent et malheureusement elle est suivie à chaque fois par une horde de solutions, toutes aussi mauvaises. Y répondre complètement est long, je vais m'y essayer ici. Tout ce que je vous demande c'est de ne pas sauter sur le code à la fin sans avoir lu le début. Les premiers textes sont les plus importants, de loin. C'est là que vous trouverez ma réponse à l'essentiel du problème.

Des liens ciblés

À titre de rappel, on signalise les liens HTML avec la balise <a>. Pour être un lien cette balise doit contenir au moins un attribut href (qui spécifie l'adresse de la page cible) : <a href="http://openweb.eu.org/">mon lien</a>. Par défaut, quand on clique sur ce lien, la page cible remplace la page courante.

Optionnellement, on peut ajouter un attribut target qui permet de spécifier un nom de fenêtre. La page s'affichera alors dans la fenêtre portant ce nom au lieu de la fenêtre courante. Cet attribut a une valeur magique nommée _BLANK qui demande au navigateur d'ouvrir une nouvelle fenêtre pour afficher la page.

Il se trouve que cet attribut target est autorisé dans les versions transitionnelles de HTML 4 et XHTML 1, mais est inexistant dans les versions strictes de ces mêmes formats.

Une fenêtre ouverte sur le monde extérieur

Ma première réaction à ceux qui posent la question de l'attribut target c'est leur demander pourquoi ils veulent absolument ouvrir une nouvelle fenêtre. En général, sur le Web, c'est une mauvaise idée.

Ouvrir une nouvelle fenêtre c'est perturber l'utilisateur débutant, qui n'en comprend pas toujours le principe. Les fenêtres s'empilent souvent et celles de dessous sont oubliées à jamais. Quant à celle ouverte sur le dessus, elle risque de dérouter l'utilisateur, elle lui fait perdre son principal outil de navigation et son meilleur point de repère : le bouton pour revenir en arrière. L'historique de navigation ne sera en effet remis à zéro dans cette nouvelle fenêtre. Qu'on soit débutant ou averti, c'est quelque chose qui est gênant, ou au moins agaçant.

On entend parfois que les nouvelles fenêtres permettent de ne pas perdre l'utilisateur en laissant l'ancienne page visible. En réalité c'est tout le contraire, et si vous voulez faciliter la vie de vos visiteurs, contentez-vous de mettre un titre pertinent à vos pages pour qu'il puisse naviguer correctement dans son historique quand il revient en arrière.

Pensez d'ailleurs qu'en plus de perturber les utilisateurs débutants, vous agacerez l'utilisateur averti. Ce dernier sait très bien ouvrir une fenêtre tout seul quand il le veut, mais n'appréciera pas qu'on le force à quoi que ce soit. Si en plus cette nouvelle fenêtre lui casse son historique et lui encombre sa barre des taches, vous risquez de ne plus le voir revenir. Je ne parle même pas des logiciels anti-popup qu'il peut avoir lancé et qui, s'ils sont mal réglés, fermeront automatiquement toutes vos nouvelles fenêtres.

L'attribut target ne sert pas qu'à l'ouverture de nouvelles fenêtres, il sert aussi à envoyer un lien vers une fenêtre déjà ouverte et nommée explicitement. Mais là c'est encore pire, l'historique ne veut plus rien dire et l'utilisateur, même averti, ne comprendra pas forcément que le lien est en train de s'ouvrir dans une seconde fenêtre qu'il n'a pas sous les yeux. Globalement les fenêtres nommées ne servent que pour les frames, et comme vous ne devriez pas utiliser les frames...

Oh, il existe des cas où cibler une fenêtre particulière est utile, mais c'est rare. Ouvrir une nouvelle fenêtre est pertinent presque uniquement pour les liens de contexte. Ce que j'appelle les liens de contexte ce sont ces petites popup qui donnent une information sur la page en cours, qu'on utilise et qu'on referme tout de suite : les liens d'aide, les confirmations, les outils de zoom, etc.

Vous ai-je convaincu ? Alors n'allez pas plus loin, le reste c'est pour ceux qui persistent. Si toutefois vous persistez à vouloir cibler autre chose que la fenêtre courante, alors mettez au moins en œuvre le minimum indispensable : prévenir l'utilisateur que le lien ne s'ouvrira pas comme il peut s'y attendre. C'est généralement faisable par une petite icône et/ou une note manuscrite en haut de page.

Be cool, be strict

Il existe deux modèles en HTML, le modèle dit transitionnel et le modèle dit strict. Le premier est ce qu'on pourrait appeler " le bon vieux HTML ", utilisé par la majorité des gens. Il permet de contrôler la mise en forme et la présentation du document : couleurs, alignements, tailles, positionnement, ouvertures de fenêtres, etc.

Le modèle strict vise lui à séparer la description du contenu (sens et structure des différentes parties du document) de sa présentation (mise en forme, contrôle de l'affichage, gestion de l'interface avec les fenêtres, etc.). Il en résulte logiquement que certains éléments y sont inexistants, on peut citer par exemple les balises ou <center>, ainsi que les attributs align et target.

La question posée au départ contient donc à la base une demi contradiction. Pourquoi vouloir en même temps faire une séparation stricte et pourtant vouloir contrôler la présentation à coup d'attributs HTML target ? C'est soit l'un soit l'autre.

Faire un javascript avec <a href="mapage.html" onclick="window.open(this.href)"> n'y changera rien. Le validateur HTML ne râlera plus, mais dans les faits vous ne respecterez pas plus le principe du modèle strict. Si vous voulez vraiment contrôler l'interface utilisateur à l'aide de code au milieu de votre document, c'est que vous ne faites pas une séparation stricte entre la description du contenu et sa présentation. Vouloir mettre une déclaration stricte pour votre HTML ne trompera que vous, ça ne changera rien pour vos clients ni pour la maintenance de vos pages.

Utiliser le modèle transitionnel n'est pas mal en soi, c'est simplement une philosophie de conception de la page. Si c'est la vôtre, alors ne vous cachez pas : Utilisez les outils pour ça, utilisez une déclaration de HTML transitionnel et l'attribut target. Cela sera supporté partout et plus accessible que les onclick ou autres astuces javascript.

Si vous choisissez le modèle strict (et je vous le conseille), alors considérez qu'il n'est pas une bonne idée de spécifier " ce lien doit s'ouvrir dans une nouvelle fenêtre " au milieu du HTML. Le problème ne vient pas de l'attribut target en lui-même, mais simplement de votre but de contrôler l'interface utilisateur en modifiant le balisage du document.

La solution existe, je l'ai rencontrée

La suite vous donne une des possibilités pour gérer la problématique des nouvelles fenêtres en modèle strict, mais réfléchissez bien aux deux réflexions plus haut avant : êtes-vous sûrs qu'une nouvelle fenêtre est profitable à l'utilisateur ? êtes-vous sûr que ce que vous cherchez n'est pas simplement le modèle transitionnel ?

Si vous lisez encore c'est que vous devez être sûrs de vous. Nous allons donc respecter la philosophie du modèle strict et séparer la description du document de sa présentation (je classe les comportements comme celui-ci dans la rubrique présentation). Je vous propose donc une procédure en trois étapes :

  1. Catégorisation sémantique : lors de la rédaction du contenu, on catégorise chaque lien suivant son rôle ou son sens. On spécifie s'il s'agit d'un lien qui sert pour appeler de l'aide, afficher un exemple, etc.
  2. Définition du comportement : dans un fichier javascript lié, on définit une fonction dont le seul rôle est de recevoir un événement quant quelqu'un clique sur un lien. Elle se contente alors d'ouvrir une popup vers la page souhaitée et demande au navigateur de ne pas exécuter son action par défaut (chargement de la page dans la fenêtre en cours).
  3. Association sens-comportement : on créé un second code javascript qui va explorer la page HTML pour repérer tous les liens. Il filtre les liens suivant leur type, et, pour chaque lien, s'il faut l'ouvrir dans une nouvelle fenêtre, il demande au navigateur d'intercepter les clics avec la fonction précédente.

Cette procédure utilise du javascript dit " non intrusif ". Il a deux avantages : tout d'abord vous n'avez pas à l'insérer partout au milieu de votre contenu. De plus, il se base sur une description correcte du HTML. Si ce javascript n'est pas compris par un navigateur, le visiteur restera avec une page HTML tout à fait classique totalement fonctionnelle. Javascript agit comme une surcouche pour paufiner le comportement de la page, et n'est en rien indispensable ou pertirbateur.

À titre d'information, il existe une méthode bien plus efficace et élégante pour résoudre notre problème. Elle exploite les XBL de Mozilla ou les HTC de Microsoft Internet Explorer. Le défaut de cette solution est qu'elle ne repose sur aucun standard commun et se révélera incompatible avec tous les autres navigateurs. Le code présenté ci-dessous est normalement bien plus compatible et repose sur des comportements standardisés.

Show the source Luke

L'intégralité du code javascript est fait à partir de DOM, une interface normalisée par le W3C qu'on retrouve sur la plupart des navigateurs modernes. Il ne fonctionnera par contre pas sous Netscape 4 (il doit être possible de l'adapter mais on sort alors du code simple, standard et rapide à faire). Il n'y a pas à craindre d'incompatibilité puisque de toute façon la page restera totalement utilisable, sans dégradation réelle, même si le javascript est totalement désactivé.

Baliser le contenu

Avant toute chose, ce code se base sur une description complète du contenu. Il va nous falloir catégoriser les différents liens de notre page : déterminer quels sont les liens d'aide, quels sont les liens qui mènent à des exemples, à des pages d'articles, etc. Pour qualifier les liens nous avons deux attributs, l'attribut rel et l'attribut class. Le premier est spécifique aux liens et c'est celui qui devrait avoir notre préférence. Malheureusement, si on souhaite par la suite donner un style spécifique à chaque type de lien par CSS, pour compatibilité avec MSIE il vaut mieux utiliser l'attribut class.

Dans notre cas nous cherchons à ouvrir les pages d'aide en popup. On pourra les noter ainsi :

<a class="help" href="aide.html#sujet">aide</a>

Gérer les navigateurs non standards

On utilisera de DOM quelques fonctions pour naviguer à travers la page HTML (pour repérer les liens) et quelques fonctions pour gérer les événements (clic sur les liens). Malheureusement, au niveau des événements, Microsoft joue solo et a une syntaxe non standard. Il va donc nous falloir créer deux méthodes d'abstraction pour pouvoir rester compatibles.

function addEvent(source, type, callback) {
  // fonction d'abstraction pour enregistrer un gestionnaire d'evenement
  // comprend le DOM standard, la syntaxe prorietaire MSIE, l'ancien modele HTML
  // source : objet sur lequel ajouter le gestionnaire d'evenement
  // type : type d'evenement
  // callback : fonction qui traitera l'evenement
  if (source.addEventListener){		// code standard DOM
    source.addEventListener(type, callback, false);
    return true;
  } else if (source.attachEvent){ 	// code propriétaire MSIE
    var r = source.attachEvent("on"+type, callback);
    return r;
  } else {        	// code navigateur sans support DOM-event
    eval('source.on' + type + '= callback') ;
  }
}
function getStandardEvent(e) {
 // abstraction pour recuperer un objet standard pour l'evenement en cours 
 // comprend le modele DOM standard et le modele proprietaire de MSIE
 // e : parametre recu lors de l'appel du gestionnaire d'evenement 
 // retour : objet d'evenement standard
 if (e == null && window.event) {
   // cas particulier de MSIE pour recuperer l'evenement en cours
   e = window.event ;
 }
 if (e.target == null && e.srcElement) {
   // cas particulier de MSIE pour recuperer la balise DOM cible
   e.target = e.srcElement ;
 }
 if (! e.preventDefault ){
   // cas particulier de MSIE pour empecher l'action par defaut du navigateur
   e.preventDefault = function () { this.returnValue = false ; } ;
 }
 return e ;
}

Demander l'interception des clics

Le cœur de notre application se compose de deux autres fonctions : une qui sait recevoir un événement de clic et demander l'ouverture d'une popup à la place, une qui sait explorer la page HTML pour demander l'interception des clics sur les liens d'aide.

function openLinkInPopupWhenClick(e) {
  // gestionnaire d'evenement actif lors d'un clic sur les liens
  // ouvre le lien dans une popup et pas dans une page normale
  // e : evenement de clic
  e = getStandardEvent(e)  ;
  var link =  e.target  ;
  var addr = link.getAttribute('href') ; 
  window.open(addr, '_blank', 'resizable=yes,width=200,height=300')  ;
  e.preventDefault()  ;
  return false ;
}
function prepareHelpLinks() {
 // explore le document pour rechercher les liens d'aide
 // à chaque lien, on verifie s'il a "help" dans la liste de ses classes
 // si oui, on enregistre un gestionnaire d'evenement pour le clic de ce lien
 var link, list, i ;
 list = document.getElementsByTagName('a') ;
 for(i=0; i<list.length; i++) {
   link = list.item(i) ;
   if (link.getAttribute('href') && link.className) {
     if ((' '+link.className+' ').indexOf(' help ') != -1) {
       addEvent(link, 'click', openLinkInPopupWhenClick) ;
     }
   }
 }
}

Il ne nous reste qu'à initialiser notre page en exécutant la fonction prepareHelpLinks(). Cette exécution doit être différée jusqu'à que la page soit complètement chargée, reçue et interprétée (sinon on ne trouvera pas tous les liens). On utilise donc ici aussi un événement DOM :

if (document.getElementById) {
  addEvent(window, 'load', prepareHelpLinks) ;
}

Pour faire fonctionner notre code il suffit de le regrouper dans un unique fichier javascript, et d'inclure ce fichier à l'aide d'un balise <script> dans l'entête de la page. Nous avons au final un composant qu'on peut ajouter ou retirer à volonté pour modifier le comportement de notre page, sans rien toucher au contenu lui-même, il suffit d'une ligne :

<script type="text/javascript" src="helplinks.js"></script>

Le mot de la fin

Si j'avais un mot de la fin il serait " n'interférez pas avec l'interface de vos utilisateurs, ne créez pas de fenêtre ". Maintenant, comme je sais que vous n'allez pas m'écouter, je dirai " ne cédez pas à la versionite aiguë ". Si vous utilisez un modèle où vous mixez contenu et présentation/comportement, assumez-le et arrêtez de vouloir marquer " strict " en haut de votre document uniquement pour être à la mode.

Le code développé plus haut ne devrait finalement presque jamais être utilisé. Il peut par contre vous donner un exemple concret de javascript non intrusif. Les excès passés avec du javascript partout, n'importe comment ont conduit les concepteurs modernes à fuir ce langage. Et si on se remettait plutôt à faire les choses correctement, avec une bonne séparation contenu/comportement/présentation et des composants qui s'ajoutent au HTML au lieu de le remplacer ? Le javascript est utile, il a une réelle valeur ajoutée, il suffit de bien s'en servir. Maintenant que vous avez une solution, la balle est dans votre camp.

Eric Daspet | 2004.10.30 @ 21:40 | 62 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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vendredi 29 octobre 2004
par Denis Boudreau

Troisième communiqué officiel de W3Québec

J'assistais, le 14 octobre dernier, à une journée réflexion sur le gouvernement en ligne en compagnie de ma collègue Catherine Roy, vice-présidente de W3Québec ainsi que quelques membres du collectif. Une délégation bien certainement informelle, mais qui est parvenue à se faire entendre malgré tout, en soulevant un certain nombre d'inquiétudes vis-à-vis l'importance accordée par le gouvernement aux enjeux de normalisation et d'accessibilité dans leurs grands projets de portails Web.

Organisée de main-de-maître par Communautique (un organisme visant l'appropriation sociale et démocratique des technologies de l'information et de la communication œuvrant pour les organismes communautaires et les populations à risque d'exclusion des technologies), la journée devait servir à donner la parole aux groupes sociaux pour qu'ils puissent rendre compte de leurs appréhensions vis-à-vis l'ambitieux projet qui promet de remodeler le visage des communications entre gouvernants et gouvernés au Québec.

De réputés intellectuels dont messieurs Jean-Claude Guedon et Michel Cartier, se prêtèrent donc au jeu en compagnie du député Gautrin et de quelques autres intervenants afin d'arpenter ces questions et bien d'autres, dans l'esprit de s'assurer que la fracture numérique serait en partie comblée par ce projet, et non pas élargie plus encore... Voici ce que le W3Québec retient de la journée, sous la forme de notre troisième communiqué :

Le W3Québec s'interroge sur le gouvernement en ligne

Le gouvernement du Québec tarde à reconnaître l'importance de la normalisation dans son projet de gouvernement en ligne. Tel est le principal constat tiré par le W3Québec à l'issue de la journée de réflexion sur le gouvernement en ligne, organisée par l'association Communautique le 14 octobre dernier. " Nous sentons une volonté de bien faire les choses ", souligne Denis Boudreau, " mais il est clair que le gouvernement a besoin de s'entourer de gens compétents pour répondre adéquatement à certaines spécificités relatives aux normes et à l'accessibilité. "

De plus, le W3Québec émet des réserves quant au succès des portails gouvernementaux, compte tenu des contraintes technologiques propriétaires et de l'incompréhension, au sein de l'appareil gouvernemental, de certaines problématiques essentielles pour garantir l'intégration de tous les citoyens dans le virage technologique. Dans cette optique, le W3Québec réaffirme son soutien inconditionnel aux organismes communautaires afin de s'assurer que le projet du gouvernement prenne en compte les besoins de tous et mette à profit les expertises du milieu communautaire, partenaire incontournable dans l'accès, l'appropriation et la démocratisation du gouvernement en ligne québécois.

À propos de W3Québec

Le collectif W3Québec est né d'une volonté de combattre l'absence de méthodologies normalisées au sein de l'industrie québécoise du Web et du multimédia. S'engageant socialement et politiquement à différents niveaux dans le domaine afin de mettre en lumière les enjeux stratégiques et technologiques majeurs reliés à la normalisation et l'accessibilisation du Web, l'équipe de W3Québec s'est donné pour mandat de contribuer à assainir le médium. En aidant les divers acteurs (les gouvernements, l'entreprise privée et la société civile) à comprendre l'importance et les portées de la normalisation, le W3Québec entend soutenir significativement l'ensemble de l'industrie à transformer le médium actuel et imparfait en un réel vecteur de communication, pleinement utilisable par tous.

Renseignements :
Denis Boudreau, président // W3Québec
Tél. : (514) 448-2650
Courriel : dboudreau@w3qc.org

Par Catherine Saguès, communications, W3Québec.

Je dois vous avouer que personnellement, j'accueille d'un assez bon œil une petite prise de position sur la question.

Denis Boudreau | 2004.10.29 @ 13:40 | 0 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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jeudi 28 octobre 2004
par Denis Boudreau

AlsaForums, le forum axé standards Web

AlsaForums, le forum axé sur les standards du WebLa nouvelle a fait le tour de mes connaissances lundi dernier en moins de temps qu'il n'en faut pour crier "HTML non-valide".

En effet, ce n'est pas une petite nouvelle, loin de là. La star montante des blogueurs sur les normes, Raphaël Goetter (monsieur AlsaCréations lui-même) a entreprit, avec l'aide de son ami Dew (un type qui semble fort intéressant d'ailleurs), de monter un forum de discussion spécialement axé sur la question des normes et de l'accessibilité Web. Si plusieurs y ont souvent pensé par le passé sans rien amener à terme, l'énergique duo a plutôt décidé de passer à l'actionsans attendre, armé d'une petite solution maison sympatique (bien qu'encore imparfaite), se voulant volontairement simple et légère. Soulignons que le but des fondateurs ici est d'avoir un outil honnête et performant, sans pour autant tomber dans le piège des usines à gaz.

Ainsi est né AlsaForums (du moins, c'est comme ça que je l'ai baptisé personnellement), le tout premier forum de discussion francophone dédié uniquement aux standards Web. La bête est dûement valide XHTML 1.0, cela va de soi.

Car il faut bien le reconnaître, considérant l'intérêt grouillant des carnets Web de la blogosphère francophone des standards depuis quelques années, il est assez surprenant que l'initiative n'ait pas été lancée par quelqu'un plus tôt. Bien sûr, il existait déjà d'excellents forums de discussion abordant de manière très professionnelle et très efficace ces thématiques (je pense entre autres aux excellents Webmaster-Hub et GeckoZone). Mais ces forums, toujours par définition orientés dans un esprit plus généraliste, allient avec les discussions sur les standards du Web des discussions sur les langages de programmation, le référencement, la gestion des serveurs et plusieurs autres trucs encore. Il en résulte donc souvent des forums en sillons, où plusieurs utilisateurs sont parfaitement capables de ne jamais se croiser, intéressés qu'ils sont par des sujets n'ayant rien à vor les uns avec les autres.

Chez AlsaForums, on ne veut pas de ça. Plutôt que de se voir comme un enième forum faisant compétition avec les autres, celui-ci souhaite occuper à priori une niche destinée à satisfaire ceux qui veulent pousser les questions W3Ciennes et autres un peu plus loin que ce à quoi la moyenne des ours est habituée. Des discussions plus musclées espérons-le, où les participants pourront fouiller à fond les questions les plus complexes, mais aussi les plus basiques. Refaire le monde certes, mais selon une structure entièrement séparée de sa présentation, et non simplement reprendre les même vieilles questions déjà abondamment répondues et fouillées ailleurs.

Toujours à ses premiers balbutiemments, AlsaForums peut tout de même être voué à un bel avenir si le cap est efficacement maintenu. Toutefois, une question demeure... avec d'autres forums déjà bien implantés s'occupant de couvrir la question des normes depuis un moment et une blogosphère de plus en plus molle où les tsunamis du passé ont été remplacés par des petites vagues de trois pieds, nous reste t-il suffisamment de force ou d'intérêt pour embarquer dans cette aventure et faire du projet de Raphaël et Dew un succès ?

L'avenir nous le dira. Enfin du moins, on ne pourra pas dire que l'on aura pas essayé. Venez-y faire un tour, vous serez surpris d'y retrouver bon nombre de vos connaissances.

Denis Boudreau | 2004.10.28 @ 13:04 | 18 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 26 octobre 2004
par Denis Boudreau

2005, l'année du renard de feu ?

Recueilli amoureusement sur Bénéfice.net ce matin :

Firefox : 10% du marché d'ici la fin 2005 ?

Selon les prévisions de la Mozilla Foundation, c'est la proportion d'usagers qui pourrait utiliser le fureteur au code source libre d'ici l'an prochain. Aidé par les nombreuses failles de sécurité chez son rival de Microsoft, le fureteur alternatif Firefox a gagné de nombreux adeptes aux cours des derniers mois. Les prévisions ambitieuses de ses créateurs pourraient devenir réalité si la tendance se maintenait.

À chaque nouvelle version du fureteur, le nombre de copies téléchargées augmente de façon considérable. La plus récente version, le bêta 1.0, a été téléchargée 5 millions de fois en un seul mois. D'autres données semblent appuyer ces chiffres. En effet, plusieurs portails importants comme ZDnet et CNET observent une réduction de la proportion d'usagers utilisant Internet Explorer. Selon plusieurs analystes, le fait que la plupart des logiciels espion sont spécialement conçus pour affecter IE y est pour beaucoup.

Comment on dit déjà ? Le malheur des uns fait le bonheur des autres ?

Denis Boudreau | 2004.10.26 @ 14:45 | 8 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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lundi 25 octobre 2004
par Denis Boudreau

18ième rencontre de W3Québec

Suite à l'Assemblée de fondation tenue le 27 septembre dernier, c'est ce soir que W3Québec se réunit pour la première fois, sous sa forme accomplie d'incorporation. Bien que ce soit la dix-huitième rencontre officielle du collectif, c'est pour moi la toute première d'une nouvelle ère, mieux organisée et plus apte à faire face à son destin. En tant que président (ré)élu, c'est avec une motivation renouvellée que je poursuis dès ce soir ce nouveau mandat, assisté d'une équipe hors-pair qui jusqu'à présent, a si bien su m'épauler et prendre une partie des responsabilités sur leurs épaules.

Si l'envie vous prend de vous joindre à nous, ne serait-ce que pour venir nous dire un petit bonjour et voir qui se cache derrière ce regroupement de passionnés du Web, vous êtes les bienvenus, ce soir, 19 heures, au 5225 rue Berri à Montréal.

Au menu, des discussions animées sur les standards et l'avenir du Web québécois certes, mais aussi des projets bien concrets qui sauraient certainement vous plaire.

Denis Boudreau | 2004.10.25 @ 11:00 | 0 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 19 octobre 2004
par Denis Boudreau

Le secret de la popularité

Vous rêvez d'être populaires ? Vous souhaitez appartenir à un groupe à la mode ? Vous en avez marre d'être tenus à l'écart, vous vous sentez comme le mouton noir du troupeau ? Pourquoi ne pas sauter la clotûre, abandonner ce berger qui vous ignore et rejoindre le club le plus select de l'heure ? Plus de 5 millions de personnes ont dit oui. Oserez-vous aussi ?

Denis Boudreau | 2004.10.19 @ 11:36 | 12 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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samedi 16 octobre 2004
par Denis Boudreau

Désabusé

Je vous livre mes impressions à chaud, sans recul, quelques secondes à peine après la fin du générique du meilleur documentaire qu'il m'ait été donné de voir depuis... "Bowling for Columbine". J'avais, comme plusieurs d'entre vous, choisi de lire le bouquin avant de voir le film et les révélations qui y sont apportées m'avaient profondément marqué. Il y a des éléments dans ce livre qui me suivront jusqu'à la fin de mes jours, j'en suis convaincu. Les mensonges, les machinations, les supercheries orchestrées par l'administration Bush sont parfois si stupéfiantes que l'on a peine à y croire. Alors si j'étais outré à la fin du livre, je vous laisse imaginer comment je me sens maintenant. Les anglais ont un terme particulièrement exact pour décrire cet état : mind-blowing.

Vous l'aurez deviné, ce soir, j'ai vu le film sur DVD. J'aurais pu le louer comme tant d'autres, mais j'ai choisi de l'acheter, plus comme un geste politique et symbolique de soutien à celui qui ose dire tout haut ce que de plus en plus d'américains (et de citoyens du monde) pensent tout bas que comme un réel réflexe de consommateur. Bien qu'il ne révèle qu'une infime partie des propos scandaleux qui sont révélés dans le bouquin, ce film vient littéralement vous fouetter l'âme. Décidément, il n'y a pas de mots assez forts pour exprimer mon ressentiment, ma colère et mon insoutenable sentiment d'impuissance et de frustration vis-à-vis autant d'abus et d'injustices.

Je dirais purement et simplement que quiconque n'a pas vu Fahrenheit 9/11, ne devrait pouvoir émettre une opinion sur la politique américaine. C'est drastique mais c'est ce que je crois. J'ai beau être athé du bout des orteils jusqu'à la pointe des cheveux, je ne peux que prier pour que le peuple américain se réveille et élise enfin un homme comme Ralph Nader à la tête des États-Unis pour se reprendre en main le 4 novembre prochain. Mais comme ceux-ci n'ont jamais voté contre leur président en temps de guerre, il est fort probable qu nous devrons composer avec la vedette du documentaire de Moore pour quelques années encore. L'avenir est donc bien sombre pour plusieurs, surtout la clase pauvre américaine et les victimes de l'éventuel "sandwich iranien".

Je suis dégoûté, j'ai certainement abusé du bon vin et je perds foi en la nature humaine. Malgré toutes les invraisemblances qui nous sont révélées dans ce documentaires, je pense définitivement que la pire scène du film, c'est de voir cet imbécile de militaire nous chanter des extraits de BloodHound Gang et Drowning Pool, en faisant référence aux civils iraquiens qu'ils ont descendus au nom de la guerre bidon du pantin de la Maison Blanche. Si j'étais américain, je crois que je n'aurais d'autres choix que de m'exiler loin, très loin, pour essayer de fuir la honte d'une telle insulte à la démocratie. Si vous croyez que le film décape, tappez-vous le bouquin. Vous en aurez pour votre argent, c'est garanti.

Denis Boudreau | 2004.10.16 @ 11:23 | 9 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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jeudi 14 octobre 2004
par Denis Boudreau

Cracker le secret de Google

Croyez-le ou non, mais je suis sur le point de percer sous vos yeux ébahis un secret mieux gardé encore que celui de la Caramilk. Bon d'accord, j'exagère peut-être un brin, mais quand même... j'ai tellement vu de gens ces dernières années se questionner sur le sujet ou prétendre posséder des vérités à propos de Google, que le simple fait d'être allé à la source pour obtenir des réponses officielles vaut définitivement quelque chose.

Voyez-vous, j'assistais hier à une journée de conférences organisées par Infopresse, portant sur plusieurs aspects de la publicité interactive. Au menu, divers acteurs reconnus de l'industrie, tous réunis pour discuter de l'avenir de la pub sur le Web, mais aussi des enjeux reliés à celle-ci. Si j'y ai entendu beaucoup d'inepties (particulièrement pendant une table ronde mortellement ennuyante où pratiquement tous le participants se mangeaient dans les mains les uns des autres), il y a quand même de nombreuses idées fort stimulantes qui sont sorties de quelques-uns des conférenciers invités.

J'aurai bien l'occasion de revenir à ces belles idées un de ces quatre, mais pour le moment, je préfère vous entretenir sur la première conférence qui, à elle seule, a fait ma journée. Avouons-le, ce n'est quand même pas tous les jours que l'on a la chance de s'entretenir en chair et en os à Wendy Muller, Head of Google Canada.

Une occasion en or de fouiller plus en profondeur la question de l'importance de la rigueur sémantique HTML dans l'algorithme d'indexation du moteur de recherche le plus puissant au monde ? You bet! Alors, d'après vous, le respect des normes et de la sémantique HTML compte t-il pour des prunes pour Google ?

Sur différents forums, dont l'excellent Webmaster-Hub, il y a des légions de webmestres qui font des pieds et des mains pour percer à jour l'algorythme de Google et déterminer comment le tromper ou lui plaire suffisamment pour gagner des points de positionnement. Certains s'essaient à des combines doûteuses pour se démarquer et se font brûler, d'autres crient sur tous les toits que la sémantique HTML est cruciale et qu'un site bien codé performe mieux qu'un autre qui le serait moins.

Eric Daspet, dans la foulée du concours mangeur-de-cigogne, l'avait bien prouvé avant que plusieurs s'allient pour le déloger avec une campagne malhonnête de backlinks. Avec un site Web tout simple, mais où chaque élément HML utilisé était intelligemment et efficacement réfléchi, l'indexation avait été quasi instantanée. Le mangeur-de-cigogne d'Éric Daspet était au-delà de la compétition et indélogeable. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai toujours cru que la sémantique comptait réellement dans le calcul de Google.

Alors, afin d'en avoir finalement le cœur net, j'ai abordé la numéro un du tout Google canadien et je lui ai posé quelques questions devant lesquelles elle fut catégorique (propos librement relevés) :

Google's mission is to organize the world's information. As such, our algorythm needs tools to help it measure the information that's fed to it. Many elements are important in determining how well a web page scores; content relevancy, brand awareness, popularity, backlinks, etc. HTML semantics is also crucial because it gives meaningful information about the content's structure. While it is not the most important element of all, a web page with rich semantics will always score higher than an equivalent page that doesn't.

Alors voilà. C'est réglé. J'ai envoyé des questions techniques au support de Google pour comparer des bouts de code et voir lesquels performent mieux. Je vous ferai part des résultats si jamais on me répond.

Et gBrowser dans tout ça ?

Désolé pas eu le temps d'aborder la question. Vous comprendrez que la dame avait un horaire chargé et peu de temps à m'accorder (elle devait d'ailleurs courir à l'aéroport pour prendre son vol de retour pour Toronto dans l'heure). Cependant, à la lumière de ce qui a été diffusé comme nouvelle dernièrement sur l'avenir de ce navigateur, je crois que la menace est passée. Je dis bien menace, parce que selon ce que j'ai glané ça et là sur le Web, nous étions en droit de nous attendre à une autre alternative aussi condamnable que celle de Microsoft.

Diluer le marché d'Internet Explorer avec un autre produit tout aussi propriétaire et peu respectueux des normes ? Revivre une autre période de noirceur comme celle que nous avons connu à la fin des années 90, alors que Microsoft et Netscape s'en donnaient à coeur joie pendant que nous en prenions plein la gueule ? Non merci, à ce prix là, je préfère que nous continuions à concentrer tout notre fiel sur une seule victime, pas deux. Si nous sommes pour vivre une autre guerre des navigateurs, autant qu'elle se fasse avec un aspirant de qualité comme Mozilla, pas un autre champion de l'asservissement propriétaire.

Denis Boudreau | 2004.10.14 @ 20:53 | 16 commentaires | 3 trackbacksretour au début de la page

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lundi 11 octobre 2004
par Denis Boudreau

On n'est plus à l'abri nulle part

Et bien voilà, ce n'était qu'une question de temps avant que cela ne m'arrive... Mais où tous ces abus s'arrêteront-ils ? Je fais officiellement mon entrée dans l'ère du pourriel par téléphone.

Reçu cet après-midi sur mon cellulaire

www.*********.com : Are you single? Check out Montreal's new dating site at www.*********.com! It's free!

Devinez quel (autre) site je n'irai jamais voir ? Celui qui trouve se méritera une splendide adresse gMail flambant neuve... je ne sais plus qu'en faire de toute façon.

Denis Boudreau | 2004.10.11 @ 22:31 | 14 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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jeudi 07 octobre 2004
par Denis Boudreau

Ergonomie et focus groups, revisités

Force m'est de l'avouer de plus belle, j'aime particulièrement cette fonctionnalité sur C² permettant de voir les billets ayant été publiés à pareille date par les années précédentes et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, parce qu'elle me force à constamment devoir assumer les choses que j'aurais pu dire par le passé. C'est probablement l'intérêt premier d'un carnet Web qui évolue dans le temps que celui de devoir faire face à nos bêtises (mais aussi nos bons coups) d'avant.

Souvent, je m'amuse à ainsi me relire, en découvrant soit la naïveté de mes propos d'alors, soit en constatant l'évolution certaine de mes compétences depuis ou plus rarement, en me félicitant de la clairvoyance dont j'avais su faire preuve dans un moment d'illumination à propos d'un sujet donné.

Ainsi, j'aimerais profiter de l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui de revenir sur le billet du 7 octobre 2002, où je t'invitais, toi cher lecteur, à aller consulter un article des ergonomes Bastien et Scapin intitulé "Les « focus groups » : leur utilisation dans les études marketing et en ergonomie". À l'époque, je me souviens très bien avoir été un fervent défenseur de cette pratique qui consiste à réunir un certain nombre d'individus autour d'une table pour recueillir leurs commentaires à vif sur un projet, un site Web, une idée, etc. Certains appeleraient ça du brainstorm dirigé, moi je qualifierais plutôt la chose comme une forte incitation à la dérive concensuelle.

Pour avoir participé à quelques séances de ce type au cours des dernières années en plus d'en avoir conduit un certain nombre moi-même, je me suis toujours trouvé assez favorable à la pratique, malgré le fait qu'elle comportait son lot d'irritants et d'inconvénients majeurs. Aujourd'hui toutefois, à la lumière de mon expérience passée, je dois me rendre à l'évidence que je ne conçois plus les choses de la même manière. Si je suis toujours bien évidemment favorable et partisan aux tests d'utilisabilité, je ne suis plus du tout en faveur de ces focus groups, que je considère trop souvent biaisés et même faussés par la nature humaine.

Laissez-moi vous expliquer sur quoi repose ce changement d'opinion. Comme un bon pourcentage des gens invités à participer aux séances de focus groups, j'ai cette capacité naturelle à exercer un certain leadership et à faire valoir mon point de vue en groupe. Pour moi, c'est une habilité naturelle. J'ignore si c'est dans la manière dont je m'exprime ou simplement la conviction avec laquelle j'émets mes opinions, mais je constate souvent que j'ai cette capacité à convaincre les autres et les rallier à ma cause ou mes idées. Ainsi, bien malgré moi (ou parfois en toute connaissance de cause et avec une mauvaise foi à peine dissimulée), j'ai souvent fait basculer des séances entières à mes opinions les plus fortes.

Dans le même ordre d'idées...

J'imagine sans peine l'effet qu'un leader naturel peut avoir sur un jury dans un procès et il y a fort à parier que la même réalité s'applique aussi à cette pratique. En ces temps de remise en question au sujet de la peine de mort et sans vouloir lancer un débat de société dans ce modeste hâvre du coder moins, coder mieux, je crois qu'il faudrait sérieusement songer à un tel problème lorsque la vie et le destin d'un accusé reposent entre les mains d'une douzaine d'individus pouvant être guidés par une personne sachant user d'arguments convaincants.

Presque à tous coups, lors de rencontres de ce type, je suis parvenu à ralier bon nombre des intervenants avec des opinions diamétralement opposées à se ranger de mon côté. Parfois, sans même faire le moindre effort. Si je l'ai fait, j'ai souvent vu certaines personnes le faire tout autant lors de séances que je tenais moi-même. Dans des moments comme ceux-là, le focus group devient un habile combat entre le dirigeant de la rencontre et les quelques têtes fortes qui y assistent pour parvenir à protéger les opinions des autres face à une potentielle dérive concensuelle au profit d'une poignée très minoritaire (et pas forcément représentative) d'individus.

L'article de Bastien, toujours aussi excellent d'ailleurs sur son fond, soulevait bien évidemment le problème, expliquant que selon la composition des groupes les individus peuvent avoir tendance à adopter le point de vue d'un « leader ». et qu'ainsi, tout l'intérêt des « focus groups » est alors perdu. Bastien concluait sur la question en avançant que seuls les animateurs expérimentés peuvent éviter cet écueil. Et bien évidemment, il n'a pas tort... dans la mesure où la personne qui dirige est prête à investir ses énergies à réorienter les conversations à toutes les deux minutes plutôt que de se concentrer sur la conduite de la séance elle-même. Personnellement, il me semble que mon temps est drôlement mieux investi à la chasse aux idées qu'à la chasse aux sorcières...

C'est pour cette raison que depuis quelques temps, je n'endosse plus du tout la pratique et que je me refuse à participer de près ou de loin à ce genre de plate-formes de tests. Je préfère nettement me concentrer sur les individus un à la fois en leur accordant du temps de qualité dans des tests d'utilisabilité centrés sur leurs besoins et leurs opinions dans le but de recueillir leurs commentaires et leurs impressions à chaud.

Qui plus est, mon expérience me démontre également qu'avec beaucoup moins de gens rencontrés (donc en définitive, beaucoup moins d'argent investi), nous arrivons à un éventail tout aussi appréciable d'opinions et de problématiques soulevés. Et de plus, nous recueillons maintenant les véritables opinions de ces précieux collaborateurs, pas de vulgaires sous-opinions moutonnées par l'influence d'une personne légitimement plus convaincante que les autres.

Alors voilà, c'est tout ce que j'avais à ajouter sur le sujet pour l'instant. Vous, vous en pensez quoi ? Une pratique par rapport à l'autre, laquelle vous semble la plus efficace ?

Denis Boudreau | 2004.10.07 @ 07:35 | 16 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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mercredi 06 octobre 2004
par Denis Boudreau

C'est un avion, c'est un oiseau...

Le référenceur masquéNon ! C'est notre sauveur à tous, l'énigmatique protecteur du page rank et de l'orphelin, le grand, mystérieux référenceur masqué !

Mes bons amis, imaginez-vous donc que depuis samedi dernier, ma pauvre boîte à courriel, déjà étouffée sous sa petite tonne métrique quotidienne de pourriel, est littéralement submergée de douzaines d'approbations et de confirmations pour des inscriptions à autant de moteurs de recherche et d'annuaires. Cette monstrueuse masse de courriels ferait suite à des soumissions que j'aurais apparemment faites pour cybercodeur.net, alors qu'il n'en est rien.

Une nouvelle forme de spamming, ou les agirs d'un lecteur qui trouve que notre petit pagerank de 7 sur 10 n'est pas assez glorieux ? Il paraîtrait bien que malheureusement, il s'agisse de la première hypothèse, un bel exemple d'abus et d'effet domino. Voyez-vous, mon très estimé et indispensable collègue Bleizig qui, soit dit en passant, célébrait son anniversaire hier, a entreprit le week-end dernier de soumettre notre gentil carnet Web à deux petits moteurs de recherche. Deux. Pas vingt-cinq. Two. Dos. Due. Capito?

Évidemment, notre ami Fabien n'est pas à blâmer dans cette histoire. Comment aurait-il pu prévoir que de deux petites soumissions, un monstre se réveillerait pour relayer l'information à tous les annuaires de la Toile ? Je trouve cette réaction en chaîne particulièrement abusive. Heureusement, dans le cas qui nous occupe, le référencement est adéquat, emploie de bons mots-clés et tout le bazar... donc ultimement, nous sert bien. Mais imaginez un instant que quelqu'un vous prenne en grippe et décide d'indexer votre site sur tous les annuaires pornos du Web ; en moins de temps qu'il n'en faut pour crier "cunnilingus", vous seriez partis pour des centaines, voire des milliers de courriels de confirmations, sans compter l'aspect diffamatoire de la chose. Mais bon, je m'arrête avant de donner des idées à mes ennemis.

Je serais bien curieux de voir la politique de confidentialité de ces moteurs de recherche... et, du coup, dans les semaines qui viendront, si la quantité astronomique de pourriels que je reçois quotidiennement gagnera encore en nombre.

Denis Boudreau | 2004.10.06 @ 09:00 | 9 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mercredi 06 octobre 2004
par Denis Boudreau

Deuxième communiqué officiel de W3Québec

Décidément, y'a pas à dire, c'est doublement gratifiant quand c'est autrui qui l'affiche :

Le W3Québec élit Denis Boudreau à sa tête

C'est dans la joie et la bonne humeur que, le 27 septembre, les membres dûment en règle du W3Québec se sont réunis pour officiellement donner naissance au premier organisme voué à la promotion des standards du Web au Québec. Outre l'approbation des statuts et règlements, les participants ont élu leur présidence et les quatre administrateurs qui le seconderont pendant deux ans au sein du premier conseil d'administration, entré en fonction le soir même. Denis Boudreau, qui fonda le collectif en janvier 2003, a été élu par acclamation pour présider aux destinées du W3Québec. Dans sa tâche, il sera soutenu par la vice-présidente Catherine Roy, l'administratrice Chantal Ide, la trésorière Rowena Roy et le secrétaire général Normand Lamoureux.

Siégeant dans la foulée de l'intronisation du W3Québec, les membres du CA ont entériné le fonctionnement des échanges entre membres via une liste de diffusion privée, qui sera distincte de celle qui est proposée aux personnes n'étant pas encore membres de l'organisme. Toutes les informations relatives à la liste de diffusion publique, notamment la façon de s'y abonner gratuitement, figurent sur le site du W3Québec.

À propos de W3Québec

Le collectif W3Québec est né d'une volonté de combattre l'absence de méthodologies normalisées au sein de l'industrie québécoise du Web et du multimédia. S'engageant socialement et politiquement à différents niveaux dans le domaine afin de mettre en lumière les enjeux stratégiques et technologiques majeurs reliés à la normalisation et l'accessibilisation du Web, l'équipe de W3Québec s'est donné pour mandat de contribuer à assainir le médium. En aidant les divers acteurs (les gouvernements, l'entreprise privée et la société civile) à comprendre l'importance et les portées de la normalisation, le W3Québec entend soutenir significativement l'ensemble de l'industrie à transformer le médium actuel et imparfait en un réel vecteur de communication, pleinement utilisable par tous.

Renseignements :
Denis Boudreau, président // W3Québec
Tél. : (514) 448-2650
Courriel : dboudreau@w3qc.org

Par Catherine Saguès, communications, W3Québec.

Félicitations à tout le monde pour les nominations et à toute l'équipe et les membres qui ont permit au projet de se rendre si loin... Et ce n'est que le début ! La promotion des normes du Web se porte très bien au Québec. En ce qui me concerne du moins, le combat est reparti pour au moins deux autres années.

Denis Boudreau | 2004.10.06 @ 05:18 | 0 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page