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archives de mars 2004

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mercredi 31 mars 2004
par Denis Boudreau

Débat : logo et balise h1

Je sais, la même question a été lancée sur un carnet Web anglophone il y a de cela quelques semaines. À la lumière des réflexions suscitées, j'ai eu envie de tenter l'expérience avec vous tous. Je vais probablement en faire un exercice régulier si le modèle trouve preneur. Je vous filerai bientôt ma source, pour que vous puissiez aller comparer nos opinions à celles de ceux qui se sont prêté au jeu avant nous.

Mettre un logo dans un h1, c'est bon ou mauvais ?

Denis Boudreau | 2004.03.31 @ 23:19 | 14 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 30 mars 2004
par Denis Boudreau

Pétition pour l'accessibilité

Peut-être que les plus endurcis d'entre vous se rapelleront du billet signé par Bleizig l'été dernier à propos des filtres anti-spams, cette technologie bien efficace permettant de contrer la prolifération de pourriels, d'envois et de messages non-sollicités sur le Web qui a le "mérite" d'être si efficace qu'elle s'avère également un obstacle insurmontable pour les aveugles. Et bien justement, il y a un groupe d'internautes aveugles qui a dernièrement eu marre de cette barrière qui les rendent dépendants de voyants et qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de lancer une pétition pour modifier le cours technologique actuel et accessibiliser un brin le gigantesque yahoo.fr :

Extraits textuels de la pétition

Si vous êtes déficients visuels et que vous aimez vous balader sur internet, il ne vous a pas échappé que tous les sites ne nous étaient pas accessibles. Le cas qui nous occupe aujourd'hui est le suivant: dans leur éternelle lutte contre le piratage, les sites internet mettent en place de plus en plus de sécurités. Pour éviter la création automatique de comptes mail en ligne, les sites qui proposent ce service vous oblige à l'inscription à recopier un mot apparaissant dans un cadre à l'écran. Or, nos aides techniques (revues d'écran) sont incapables de déchiffrer ce fameux mot. Nous sommes donc pénalisés : obligés de faire appel à un voyant. Yahoo a adopté ce système. Il se trouve également que Yahoo éberge de nombreux groupes de discutions consacrés à la déficience visuelle. Or, pour accéder aux archives de ces groupes, il faut un compte Yahoo et donc pouvoir lire le fameux mot illisible pour les revues d'écran.

[...]

Nous ne souhaitons pas la suppression pure et simple de cette étape gênante pour nous car nous comprenons votre souci de lutter contre les systèmes de création automatiques de compte. En temps qu'utilisateurs quotidiens d'internet, nous soutenons mêmes votre démarche. Nous vous prions seulement d'effectuer quelques aménagements. La solution consisterait à mettre à la disposition des internautes un fichier audio (au format wav ou autre) dans lequel serait enregistré vocalement le mot inscrit à l'écran. Cette solution a nottemment été développé par le site hotmail.com.

Si vous voulez leur venir en aide en signant leur pétition, envoyez simplement un courrier électronique en précisant vos noms, prénoms et adresses électroniques yahoo (si vous en avez une et si vous le souhaitez). Pour le moment, il y a 131 signatures, 132 avec la mienne. Viendrez-vous y joindre la vôtre ?

Denis Boudreau | 2004.03.30 @ 23:46 | 2 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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lundi 29 mars 2004
par Denis Boudreau

Un navigateur obéissant à la parole

Une nouvelle qui a fait bien peu de vagues dans une blogoshère qui n'a trop souvent de yeux que pour les produits Mozilla (aussi excellents puissent-ils être)... Opera Software, concepteurs de l'excellent navigateur du même nom, développe actuellement une version de son logiciel pouvant exécuter des ordres vocaux d'internautes. En intégrant la technologie Viavoice développée par IBM dans une version expérimentale d'Opera, le navigateur peut synthétiser la parole et reconnaître les ordres vocaux de gens qui auront auparavant lu une liste de mots pour que le logiciel puisse s'adapter aux particularités de leur voix.

Avouons que c'est quand même très fort. Moi qui travaille de plus en plus étroitement avec des personnes handicapées qui nécessitent des outils capables d'adaptation pour pleinement jouir du Web, je commence à réellement apprécier les efforts d'implémentation mis de l'avant par cette petite compagnie norvégienne qui parvient à toujours tirer son épingle du jeu malgré des moyens bien modestes.

Pour en découvrir plus à ce sujet, allez lire l'article publié sur Bénéfice.net dernièrement.

Denis Boudreau | 2004.03.29 @ 23:46 | 7 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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samedi 27 mars 2004
par Denis Boudreau

Relativiser l'impact des standards Web

Voilà presque huit heures que je suis assis derrière mon écran, sans avoir même pris une pause pipi ou dix minutes pour manger. Extrèmement satisfait du boulot abattu aujourd'hui, j'arrête quelques instants avant d'aller au lit pour vous parler d'un projet qui me demande beaucoup d'énergie depuis une semaine, soit la refonte d'un important site oeuvrant dans le domaine des personnes handicapées au Québec. Trop tôt pour vous dire encore de quel site il s'agit, mais soyez assurés que dans quelques jours, je prendrai plaisir à vous montrer le résultat de notre travail.

Contrairement à la majorité des projets sur lesquels je bosse habituellement, l'enjeu de celui-ci repose entièrement sur l'applications des principes du Web conforme et accessible. C'est d'ailleurs la raison d'être même du site. C'est donc dire que pour la première fois de mon existence, je n'ai pas eu à me battre deux secondes pour faire passer ces concepts qui me sont si chers... le travail de sensibilisation a donc été bien timide !

Évidemment, comme ce site se doit d'être pleinement accessible à tous les publics, utilisable sous toutes les plateformes et reposer sur les dernières technologies tout en préservant une expérience adaptée aux anciens navigateurs, je me suis bien sûr rabattu massivement sur le couple chéri de XHTML/CSS. Du coup, cela me permet également d'opter pour une approche sémantiquement très forte pour en favoriser l'interprétation par les différentes technologies. Que du bonheur. Et dire qu'en plus de travailler dans un tel contexte, mon équipe sera payée... c'est presque trop ! ;)

Comme ce projet en est un des plus importants et stimulants que j'ai contracté à titre personnel depuis des mois, sa nature fait en sorte qu'il m'importe plus qu'aucun autre ne m'a jamais importé par le passé. Un budget important, des retombées stratégiques, une fenêtre de visibilité extraordinaire pour l'avancement des normes au Québec, une équipe locale de haut niveau bâtie sur mesure pour répondre aux besoins locaux et une date de tombée très serrée, où il n'y a aucune place pour l'erreur ; tout pour plaire au codeur masochiste que je peux devenir dans mes meilleurs moments.

Je nage donc dans les balises et les principes d'accessibilité jusqu'aux oreilles et une fois encore, je constate à quel point le projet avance vite, simplement par les techniques qui sont à ma disposition. Économie de code, économie d'efforts pour satisfaire tous les navigateurs et économie de maux de têtes... un vrai charme. En une journée, j'ai abattu le travail que j'aurais autrefois accompli en trois fois autant de temps.

Comment, à la lumière de ces constatations, pourrait-on encore douter du bien fondé de travailler proprement, en respectant les normes ?

Denis Boudreau | 2004.03.27 @ 23:58 | 20 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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vendredi 26 mars 2004
par Denis Boudreau

Maximiser ses chances avec l'accessibilité

Je dois vous avouer que je suis de moins en moins bon juge pour ce qui a trait à la pertinence d'un article sur l'accessibilité. J'hésite à vous dire si celui-ci revêt un réel intérêt par opposition à ce qui existe déjà, mais le simple fait qu'il est disponible m'incite à vous inviter à aller le lire. L'approche est différente, mais le fond revêt-il quelque chose de neuf ? À vous de me le dire. Parce qu'au final, en ce qui me concerne, tant que ça parle d'accessibilité, c'est déjà un très bon point en sa faveur.

Ce qui serait génial par contre, ce serait de réunir tous ces articles qui traitent du sujet et se construire un best of des ressources les plus percutantes et les plus influentes. Si vous aviez à choisir, selon vos propres critères, les trois meilleurs articles ou ressources sur l'accessibilité universelle, lesquelles proposeriez-vous à un néophyte qui souhaite finalement s'y mettre ?

Denis Boudreau | 2004.03.26 @ 19:05 | 4 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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jeudi 25 mars 2004
par Denis Boudreau

Mutisme volontaire

See no Evil, Hear no Evil, Speak no Evil

Non, non et non. Hell, no. Contrairement à certains copains au sang plus chaud, je ne me prononcerai pas sur l'incident, autrement que pour dire qu'il fut complètement poussé hors de proportions et qu'il n'aurait jamais dû dégénérer de la sorte... J'y ai beaucoup réfléchi et à la lumière des événements, j'ai pris quelques décisions personnelles qui transparaîtront bien avec le temps. Certaines choses se mettent en place d'elles-mêmes, inévitablement. Deviennent d'une évidence incontournable. Vous pouvez arrêter de me poser la question par courriel, mes opinions sur cette malencontreuse affaire demeureront miennes. Ça a fait gaspiller suffisamment de bande passante de toute façon. De toute manière, les gens sont beaucoup trop sensibles. Si vous ignorez tout de ce dont je parle, alors c'est bien tant mieux. Poursuivez votre petit bonheur et n'y prêtez plus aucune attention.

Denis Boudreau | 2004.03.25 @ 23:28 | 13 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mercredi 24 mars 2004
par Denis Boudreau

Enjeux du gouvernement en ligne

Avec pas moins d'une dizaine de projets à mener à terme avant de pouvoir officiellement tirer ma révérence pour une période de trois à quatre semaines coïncidant avec la naissance éventuelle de ma fille, il est clair que j'ai ces jours-ci, bien peu de temps de qualité à consacrer à C². Résultat, ma liste de favoris destinés aux sujets éventuels à traiter croit exponentiellement de jours en jours et mon fidèle aggrégateur croule sous les nouvelles qui retiennent mon attention. Bien malin est celui qui pourra prédire quand je pourrai lire tous ces articles, encore moins attaquer ces sujets sur le site et y aller de mon grain de sel à leur endroit...

Quoi qu'il en soit, une de mes préoccupations principales ces jours-ci, c'est bien sûr les rondes de concertations menant supposément aux premières ébauches du gouvernement en ligne québécois. On parle ici de tout un menu ! Inutile de dire que la récente décision de W3Québec de sauter dans la mélée et d'y aller de ses propres recommandations à l'endroit du député Henri-François Gautrin ne réduit en rien mes ardeurs à ce niveau.

Il y a urgence d'agir et de se faire entendre auprès des élus, de se relever les manches et de tout faire pour promouvoir l'adoption d'une ligne directrice favorisant le respect des normes et de l'accessibilité. La même vieille question, comme toujours, se pose parfaitement à ce moment-ci. Si on ne le fait pas, qui le fera à notre place ?

Question de bien pouvoir réfléchir à la problématique, mais surtout de l'aborder d'un angle constructif, critique et éclairé, je me devais tout d'abord de me faire une tête en lisant les articles de mon bon ami Michel Dumais, chroniqueur au Devoir et tavernier occasionnel de la Cw3 Old Brewery. Voilà justement trois textes que je me réservais depuis longtemps, et ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai enfin pris le temps de les lire. Enfin, je dis lire, je devrais plutôt dire dévorer. Permettez-moi de vous les offrir généreusement, au détour d'une URL :

Comme je m'y attendais, on y retrouve une tonne d'idées décapantes qui me brûlent d'en discuter. Je n'en dis pas plus pour l'instant, préférant vous inviter à lire le tout, question que nous puissions en débattre ensemble.

À bon entendeur, salut ! Si personne n'y répond, je pourrai toujours m'en parler tout seul.

Denis Boudreau | 2004.03.24 @ 23:55 | 1 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 23 mars 2004
par Denis Boudreau

Retour sur W3Québec

Ainsi donc, se tenait hier soir la douzième rencontre officielle de W3Québec. Encore une fois, ce fut un plaisir de retrouver ces collaborateurs fidèles et engagés qui chaque mois, bravent les intempéries du climat québécois pour venir construire cet ambitieux projet, briques par briques. Comme bien des projets bâtis à coups de contributions volontaires et de dévouement personnel, W3Qc progresse, lentement mais sûrement dans la bonne direction. C'est très stimulant de retrouver des gens qui croient en cette vision que j'ai eu en janvier 2003 d'une "police des standards" et qui ont le courage (ou l'inconscience) de s'investir dans un projet visant à ramener les pendules à l'heure dans une industrie qui n'est que trop habituée à n'en faire qu'à sa tête.

Faire adopter des méthodes de conception qui, pour une fois, viseraient l'intérêt du médium et de ses utilisateurs, sachant qu'une fois ces critères assumés, les bénéfices seront toujours au rendez-vous pour les agences Web... voilà qui n'est pas une mince affaire !

Dans la foulée des commentaires engagés par mon récent billet sur le respect des normes typographiques (et de la sémantique), nous avons eu le plaisir d'accueillir Aurel Ramat, typographe comme on en fait plus, désormais célèbre pour son "Ramat de la Typographie" que vous connaissez certainement si vous avez la chance d'être familiers avec l'art typographique. Quel plaisir ce fut donc de discuter avec ce véritable monument du savoir, en essayant de trouver des façons constructives et efficaces d'adjoindre ces connaissances qui se perdent au fil des années et des évolutions technologiques à la promotion des normes et des bonnes pratiques sur le Web... car W3Qc se définit et prend forme de plus en plus. D'un simple collectif de promotion des normes issues du W3C au sein de l'industrie québécoise du mulimédia qu'il était à ses timides débuts, nous sommes tranquillement en voie de transcender vers un groupe ayant à cœur l'adoption de bonnes pratiques Web regroupées sous l'étendard élargi de la qualité.

Ce n'est pas la première fois que j'en parle et ce ne sera pas la dernière... les standards du Web ne doivent pas être perçus comme une fin en eux-mêmes, mais bien un continuum flexible et évoltif, un vecteur par lequel nous pouvons tous contribuer à faire du Web un espace de communication plus équitable et plus performant, pour tous et à tous les niveaux. Le défi est doublement stimulant, compte tenu qu'à mon sens, les normes ne sont qu'un élément parmi tant d'autres qui font du Web une expérience réussie ou ratée pour l'utilisateur comme le producteur.

À l'ordre du jour également, la mise en place d'un groupe d'action visant à nous faire entendre auprès des principaux acteurs politiques du gouvernement en ligne québécois. À l'instar des groupes d'intérêts commes les représentants des personnes handicapées qui ont manifesté leurs inquiétudes et leurs volontés auprès des personnes responsables d'élaborer ce nouveau modèle communicationnel gouvernemental, W3Québec ira bientôt revendiquer pour le respect et l'application systématique des normes au sein des travaux Web érigés pour le gouvernement québécois dans ses appels d'offres... une manière comme une autre de contribuer à l'adoption de notre propre section 508, si l'on puit dire !

En attendant que ne soit publié le compte-rendu de notre rencontre, sachez simplement que le collectif, bien que timide ces temps-ci, est plus vivant que jamais et de plus en plus productif. 2004 sera une année tremplin pour les normes, l'accessibilité universelle et les bonnes pratiques au Québec.

Denis Boudreau | 2004.03.23 @ 23:49 | 4 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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dimanche 21 mars 2004
par Denis Boudreau

ALA 174 : Pop-ups accessibles

Les maniaques de l'accessibilité et de l'utilisabilité vous le diront, les pop-ups, c'est très mauvais et ça pue. Déstabilisants pour certains, inutilisables pour d'autres, ils n'ont souvent pas de véritables raisons d'être et ne sont que le pâle reflet des mauvaises habitudes de ceux qui les commandent encore. Question de contribuer à améliorer un peu le problème, je vous propose humblement d'aller lire le dernier article paru sur AListApart intitulé "Accessible Pop-up Links"... parce qu'en attendant de vivre dans un monde où le développeur Web n'aura plus la prétention d'imposer à l'utilisateur une manière précise de naviguer sur son site, autant lui proposer une approche de conception qui aura le mérite d'être moins condamnable que l'éternel pseudo-lien en Javascript.

Denis Boudreau | 2004.03.21 @ 21:35 | 7 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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samedi 20 mars 2004
par Denis Boudreau

OpenWeb, un an déjà

Mais comment diable pouvions-nous vivre avant d'avoir notre propre référence francophone sur les normes et standards du Web ? Certes, OpenWeb ne jouit pas du même traffic et du même achalandage que son cousin anglophone. Son taux de publication est également plus modeste, mais il n'en tient qu'à nous tous d'y voir et de changer cela en s'impliquant. J'ai nettement l'impresssion que la lancée d'OpenWeb a été le véritable déclencheur de l'ouverture sur les normes issues du W3C. Depuis, la progression de la connaissance fut vertigineuse.

Joyeux premier anniversaire OWG. Souhaitons-lui en plusieurs autres, et pleins de contributions pour les mois à venir.

Denis Boudreau | 2004.03.20 @ 23:07 | 11 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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vendredi 19 mars 2004
par Bleizig

Skype s'attaque à la téléphonie classique

Les auteurs du très populaire logiciel de libre échange de fichiers KaZaa se sont reconvertis en septembre dernier dans la téléphonie sur internet. Ils ont mis au point Skype, un logiciel de téléphonie basé, comme KaZaa, sur un réseau peer-to-peer (d'ordinateur à ordinateur). Ce progamme utilise les technologies de voix sur IP pour permettre à n'importe qui d'appeler n'importe où dans le monde à partir du moment où l'appelé et l'appelant ont accès à un ordinateur avec connexion internet, micro et casque ou enceintes. La qualité sonore est excellente, je vous invite d'ailleurs à le tester si vous ne l'avez pas encore fait, et le tout est gratuit. Vous comprendrez ainsi facilement comment Janus Friis et Niklas Zennstrom, les auteurs, en plus d'être la bête noire des industries de la musique et du film, sont maintenant dans la hantise des géants de la téléphonie.

Mais les responsable ont décidé de pousser le bouchon encore plus loin et ont annoncé le 15 mars dernier qu'ils avaient réussi à soulever 19 millions de dollars qui vont leur permettre d'acheter des minutes aux opérateurs de téléphonie traditionnelle dans le but d'offrir un service premium aux utilisateurs de Skype. Ce service permettra d'appeler un poste de télépone classique à partir de son ordinateur et je présume à des prix défiant toute concurrence.

En bref, Skype est un logiciel à suivre de très prêt, en 6 mois ils ont déja réussi à se poser comme une menace sérieuse aux opérateurs telecoms et ils sont bien partis pour complètement chambouler cette industrie.

Bleizig | 2004.03.19 @ 15:37 | 12 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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jeudi 18 mars 2004
par Denis Boudreau

Typographie et sémantique

Depuis les premières heures du Web, le médium, de par ses limitations d'affichage et la simple ignorance des développeurs, a outrageusement fait fi des règles typographiques qui prévalaient depuis Guttenberg. Avec les nouvelles vagues de designers formés à la chaîne dans les écoles spécialisées de multimédia qui ne possèdent pas la richesse d'un background de graphiste provenant de l'imprimé, nous constatons que ce savoir est en chute libre, voire en voie d'extinction. Puisque ceux-ci ne pigent rien à rien de l'art typographique, ces normes (parce qu'il s'agit bien de normes) perdent de plus en plus de valeur aux yeux des producteurs qui sont beaucoup plus intéressés par le contenu que par sa forme. Heureusement, l'avènement des CSS nous permet de ramener un peu d'ordre là-dedans... Mais à quel prix ? C'est ce que nous essayons de déterminer.

Malheureusement, bien peu de gens sont conscients du problème et encore moins connaissent suffisamment les dites règles pour les appliquer "à la lettre" et avec succès. Ceux qui acceptent de payer le prix CSS soulèvent généralement un autre type de problème encore plus pernicieux, celui du non-respect de la sémantique dans le document. Entre deux maux, lequel choisir ?

Je me permets de reprendre sommairement une discussion qui avait lieu dernièrement sur une des listes de discussion de W3Québec et l'exposer ici, afin de voir ce que vous en pensez. Nous discutions donc des effets négatifs d'un renforcement de règles typographiques sur la sémantique dans un document Web. L'exemple le plus frappant concernait le respect des espaces insécables (obligatoires) devant les signes de ponctuation. C'est Chantal Ide qui soulevait le point suivant :

Quand utiliser un &nbsp; ? C'est une bonne question, en effet. Je vous soumet le problème suivant : en français, nous devrions utiliser les guillements de style "plus grand que" et "plus petit que" (« &laquo; » &raquo;). En principe, un espace doit être inséré avant et après les mots qu'ils englobent... Alors, que faire  ?

<span style="white-space:nowrap">&laquo; bonjour &raquo;</span> ou &laquo;&nbsp;bonjour&nbsp;&raquo;

Est-ce réellement du bruit dans un cas comme celui-ci ? Pour respecter les règles du français, l'espace doit être insécable. Sémantiquement, il me semble que dans ce cas, il y a un sens.

Alors vous, très chers amis, vous en pensez quoi ? Il semble que le même type de questionnements se pose pour les espaces insécables devants les points d'interrogation, les points d'exclamation, les points virgules et les deux points :

  • Doit-on utiliser plusieurs caractères de code, simplement pour respecter une règle typographique? ?
  • Le "sacrifice" en vaut-il vraiment la peine ?
  • Peut-on réellement parler de sacrifice ou d'entrave à la sémantique ?
  • Si tel est le cas, doit-on réellement sacrifier une portion de la sémantique d'un document pour ça ?

Ah, tant de questions !

Denis Boudreau | 2004.03.18 @ 22:49 | 47 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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mardi 16 mars 2004
par Denis Boudreau

Les normes, c'est pas que pour les geeks

Du moins, à la lumière de l'expérience que je viens de vivre, ça aurait tout intérêt à ne pas l'être. Petit récit d'une histoire d'horreur, comme il vous arrive toujours aux moments les moins opportuns. J'aurais pu tout aussi bien intituler ce billet pourquoi j'ai envie de tuer mes chats, mais ça c'est une autre histoire ; j'ai déjà assez d'ennemis comme ça, sans en plus me mettre la SPA sur le dos.

Allez, que je vous raconte. Je me lève ce matin et, à ma bonne habitude, je démarre mon portable, question de prendre mes courriels et m'assurer que le W3C n'a pas été acheté par Microsoft pendant que j'avais le dos tourné. Curieusement, j'entend un petit crépitement électrique provenant de mon entourage, rapidement suivi d'une odeur de brûlé. Évidemment, je fouille, pour découvrir que mes ********* de chats ont bouffé le fil de mon adapteur (power supply) au cours de la nuit. Résultat, les fils sont dénudés sur un demi-centimètre, mordillés, et maintenant fondus, puisque je viens de leur passer 220 volts de jus à travers le corps.

Joie.

Croyez-moi lorsque je vous le dis, c'est loin d'être le moment pour moi de devoir essuyer un contre-temps aussi ridicule. Je me dirige rapidement au magasin d'électronique où j'ai acheté mon portable, en espérant qu'ils en ont en stock. Évidemment, ils n'en ont pas et me proposent d'acheter un adapteur universel. Malheureusement, celui-ci ne fait pas parce que Toshiba (les producteurs de ma machine) ont eu la brillante idée de se développer un modèle maison qui n'est compatible avec aucune autre marque. Le vendeur chez FutureShop me dit qu'il est possible de le commander par eux, mais que ça prendra au moins 30 jours et que ça me coûtera 160 dollars. Je file chez le compétiteur, terriblement ennuyé.

J'entre chez CompuSmart. On m'informe que là non plus, le modèle n'est pas tenu en stock et on me propose l'adapteur universel. Curieux quand même que les fournisseurs officiels de Toshiba ignorent les spécificités mêmes des machines qu'ils vendent. Cette fois-ci, on m'apprend que s'ils me le commandent directement de chez le fabricant, ils pourraient me l'avoir en deux jours ouvrables... donc jeudi. Il m'en coûterait la modique somme de 130 dollars. Déjà beaucoup mieux.

Par compte, comme je ne suis pas complètement empoté, je décide d'appeler au 1-800-TOSHIBA et m'enquérir moi-même des coûts et des modalités. Oh, surprise, en le commandant directement du fabricant, non seulement je l'aurais demain, mais il ne m'en coûterait que 70 dollars. En plus, le transport par Purolator est gratuit. Difficile à battre.

Résultat ? Je vous laisse deviner. Mais curieusement, la notion de normalisation s'applique à plusieurs niveaux dans cette histoire...

À bas les intermédiaires. Oh, et les chats stupides aussi.

Denis Boudreau | 2004.03.16 @ 13:05 | 17 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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lundi 15 mars 2004
par Bleizig

Avis

Je recherche des lecteurs de C² utilisant un lecteur d'écran pour naviguer sur la toile. J'ai besoin d'aide pour beta tester une facette expérimentale de C² que je viens de mettre au point. Si vous êtes intéressé, envoyez moi un courriel ou utilisez le formulaire de contact. Merci ;-)

Bleizig | 2004.03.15 @ 22:01 | 15 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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dimanche 14 mars 2004
par Denis Boudreau

Présentation sur les avantages des standards

Les avantages des standards web pour vos visiteurs, vos clients et vous !

Russ Weakly, monsieur Web Standards Group lui-même n'en est pas à son premier document digne de mention axé sur les standards du Web. Après avoir été traduit ce mois-ci dans l'édition de Pompage avec son excellent article sur l'utilisation des listes de définitions, voilà qu'il se voit à nouveau traduit, cette fois-ci par les bons soins de mon ami Normand Lamoureux et relu par votre humble serviteur.

Que vous ayez eu ou non la chance de parcourir la présentation de Weakly intitulée "The benefits of Web Standards", réjouissez-vous car elle est maintenant également disponible en français. Comme à l'habitude, servez-vous et ne vous gênez pas pour en redemander car les standards, c'est bon !™

Denis Boudreau | 2004.03.14 @ 00:09 | 6 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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samedi 13 mars 2004
par Denis Boudreau

Accessibilité et gouvernement québécois en ligne

Dans la foulée d'un billet publié la semaine dernière, j'ai complètement oublié de vous parler du penchant québécois de BrailleNet, le CAMO, qui diffusait également un communiqué de presse en fin de semaine dernière sur les conditions à respecter pour assurer une transition réussie vers un gouvernement en ligne québécois pleinement accessible et utilisable par les personnes handicapées... voilà donc l'oubli réparé. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le sujet est très chaud par les temps qui courent... Ce qui contribue grandement à me faire halluciner sur les pratiques rétrogrades de certaines agences qui s'obstinent malgré tout à produire du Web (mais ne revenons pas là-dessus) :

Le gouvernement en ligne : conditions pour un réseau québécois de services électroniques publics accessibles aux personnes handicapées

Un avis déposé par le CAMO pour personnes handicapées au gouvernement du Québec

Montréal, le 5 mars 2004 - Le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées déposait, la semaine dernière, un avis concernant l'accès au gouvernement en ligne pour les personnes handicapées afin que le gouvernement du Québec tienne compte des besoins particuliers de cette population dans le cadre du développement de services publics en ligne. Cet avis a été déposé à Monsieur Henri-François Gautrin, député de Verdun, adjoint parlementaire au premier ministre et responsable du gouvernement en ligne.

Le CAMO propose plusieurs recommandations incontournables pour assurer l'accessibilité des personnes handicapées au gouvernement en ligne, et ce, dès la phase de conception du projet. Il est question, entre autres, de reconnaître les effets de la fracture numérique associée au handicap, d'adopter et d'intégrer des normes d'accessibilité dans l'ensemble de l'infrastructure électronique gouvernementale, d'adopter des obligations en matière d'approvisionnement de technologies et de contenus accessibles et, enfin, d'élaborer et d'implanter un plan d'action concerté afin d'assurer l'atteinte de ces objectifs.

À ce sujet, madame Monique Richard, présidente du CAMO pour personnes handicapées, déclarait : «Les québécoises et québécois handicapés accusent un retard technologique important. Le gouvernement du Québec doit ajuster le tir de façon à ce que le réseau électronique de services publics qu'il souhaite mettre en place réponde aux besoins de l'ensemble de la population et soit une réponse déterminante favorisant l'inclusion et la reconnaissance des personnes handicapées comme des citoyennes et des citoyens à part entière.» Rappelons que les personnes handicapées représentent 15 % de la population québécoise, soit plus d'un million de personnes. Les technologies de l'information peuvent grandement contribuer à assurer leur participation socioéconomique et l'accessibilité du gouvernement en ligne en est une condition essentielle.

Vous pouvez consulter l'avis du CAMO — Le gouvernement en ligne : conditions pour un réseau québécois de services électroniques publics accessibles aux personnes handicapées à l'adresse suivante.

C'est donc dire que la résistance s'organise.

Denis Boudreau | 2004.03.13 @ 19:07 | 0 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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samedi 13 mars 2004
par Denis Boudreau

Mangeur de cigogne : exploit de sémantique

Voilà un moment que j'ai envie de vous parler un peu du concours "mangeur de cigogne", visant à démontrer l'intérêt et surtout l'efficacité d'une bonne sémantisation HTML dans un processus d'indexation réussie auprès des principaux moteurs de recherche. Vous avez certainement vu passer plusieurs signatures de courriel des copains portant la mention "Mangeur de Cigogne" où encore, vous êtes tombés sur un site Web qui parlait de mangeur de cigogne.

Je vous le donne dans le mille si vous êtes un peu perdus, c'est évidemment un concours où il n'est pas plus question de mangeurs que de cigognes, mais qui porte tout de même fièrement le titre mangeur de cigogne. Ça me rapelle l'excellent roman de Boris Vian intitulé "L'automne à Pékin" où il n'était nullement question ni d'automne, ni de Pékin. Sauf qu'ici, dois-je vous le rappeler, outre l'absurdité apparente on parle plutôt de mangeurs et de cigognes...

Est-ce à dire que les mangeurs de cigogne, c'est un peu comme du Boris Vian en moins drôle mais en plus pratique  ? Je n'ose me prononcer... mais ce qui est clair, c'est que nous avons la preuve concrète que la sémantisation d'une page HTML est le meilleur moyen de s'assurer une place privilégiée auprès du moteur de recherche de plus populaire au monde. Comment expliquer autrement que le mangeur de cigogne d'Éric Daspet soit le premier en liste sur Goggle, avec rien de plus que du texte formatté en HTML ?

Denis Boudreau | 2004.03.13 @ 13:48 | 17 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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vendredi 12 mars 2004
par Denis Boudreau

Ça se passe de commentaires...

Non, ce billet ne porte pas ce titre-là à cause des petits ennuis que nous avons éprouvés aujourd'hui à vous laisser commenter les billets de C². Même si, et nous sommes les premiers à le reconnaître, le timing semble très bien choisi. Ce dont je veux vous parler aujourd'hui concerne plutôt un certain découragement dont je fût témoin en allant visiter le site Web d'une agence concurrente (Cossette Interactif, pour ne pas la nommer) qui lançait dernièrement sa nouvelle refonte, suite à leur fusion avec une autre entreprise. Je sais, je suis plutôt critique ces temps-ci, mais ce n'est quand même pas de ma faute si je suis confronté à des situations qui me font sortir de mon gonds. Blâmons ça sur une surcharge de travail ou l'accouchement imminent de ma conjointe. Bref, j'ai la mèche courte et je ne supporte pas les conneries. Vous l'avez peut-être remarqué, ça ira mieux dans quelques jours.

Comme vous le savez tous, il n'y a pas de meilleures représentations pour une agence Web que la démonstration de ses propres capacités en terme de développement. Allez vivre cette expérience immersive et gardez à l'esprit que c'est un site tout neuf... navrant. Si je travaillais dans cette boîte, j'aurais remis ma démission sur-le-champs. Welcome back to 1998, avec les expériences immersives, la scénarisation cinématographique et les bidules sonores aussi inutiles qu'insignifiants. Mais qui sont ces scénaristes qui ont la prétention de s'imaginer que leurs petites cinématiques nous intéressent ou apportent une quelconque valeur ajoutée à notre expérience Web ? Imaginez le décideur en entreprise, pressé par définition, qui doit endurer toutes les transitions, simpement pour trouver le numéro de téléphone du chargé de projet qu'il paie un prix de fou pour lui régler son problème... Je serais bien curieux de voir comment il sort ce site, sur mon téléphone cellulaire... voilà un vrai enjeu de l'avenir, pas un stupide poisson qui tourne sur lui-même en battant le menu avec sa queue pour le faire disparaître !

On retrouve le même type de situations déplorables avec les DVD  il faut toujours se tapper une cinématique (insipide et inutile) de trente secondes avant d'accéder aux menus de paramétrisation. J'ai vraiment hâte que tous ces gens sortent de leurs petits univers clos et commencent à se coller sur la réalité du Web. Et penser que cette agence produit des sites à la tonne métrique dans l'industrie québécoise... Pppffffttt... on a pas fini de se battre.

Denis Boudreau | 2004.03.12 @ 14:29 | 10 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

Avatar Eric

jeudi 11 mars 2004
par Eric Daspet

Oublions les handicapés

Avec un titre aussi provocateur je suis sûr d'attirer les foules pour ma première contribution à C² alors je le répète : oublions les handicapés, principalement les aveugles et les daltoniens. Dans ce billet il y a une bonne nouvelle, une mauvaise et un gros morceau d'espoir.

La bonne nouvelle...

Histoire de ne pas faire fuir tout le monde, commençons déjà par la bonne nouvelle. Voilà qu'il y a quelques jours, dans mon beau pays, le sénat a adopté en première lecture un texte qui s'intitule pompeusement "pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". À priori un titre pareil ne laisse envisager que des choses agréables, et ça n'a pas loupé : on y parle tout naturellement d'accessibilité.

On recoupe les sujets habituels de C² quand on voit la phrase suivante :

"les services de communication publique en ligne des services de l'état, des collectivités locales et des établissements publics qui en dépendent, doivent être accessibles aux personnes handicapées".

La France était en effet largement en retard par rapport aux autres pays de ce coté là. Nous n'avions aucune obligation d'accessibilité pour les sites officiels, aucune section 508 comme aux États-Unis.

...où on aperçoit le problème

On voit pourtant poindre quelque chose à la fin de l'article de ZDNet, avec la réaction de Braillenet. Je vous propose de regarder attentivement les premiers paragraphes de leurs propositions, les deux premiers titres exactement.

On commence par nous dire que l'accessibilité numérique ne concerne pas que les sites Web, mais toute consultation numérique, quel que soit le support et le mode de consultation. Ensuite on nous raconte qu'il ne faut pas se reporter uniquement à l'accès des aveugles, mais considérer tous les handicaps. Pourquoi diable des gens si bien sentent-ils le besoin de repréciser tout ça en début de document, avant toute autre considération ? ZDNet présente même ça comme un rappel fait au gouvernement.

Pourtant la loi parle des handicapés au sens large, pas spécifiquement des aveugles ou d'une autre catégorie. On se rend en fait vite compte que tout le monde ne met pas la même chose derrière la notion d'accessibilité. À force de brandir des exemples concrets et parlants comme l'accès aux aveugles via un navigateur oral, on finit par occulter le reste et ne s'occuper que d'une partie restreinte du problème. L'accessibilité consiste pour beaucoup de gens à faire simplement en sorte qu'un aveugle puisse relire les pages du site Web. Voilà où le bas blesse.

Abandonnez les aveugles...

Il faut commencer par sortir de la problématique des aveugles. Non pas qu'elle n'est pas importante, mais parce que finalement ce n'est qu'un cas particulier. Dans l'idéal, le fait que le document soit lisible par un aveugle n'est qu'un effet de bord du fait qu'il soit globalement accessible et bien construit.

Si on ne tient compte que des aveugles, on risque de faire des pages qui sont d'autant plus illisibles par d'autres personnes. Je peux ainsi faire une page tout à fait accessible aux aveugles (contenu textuel clair, liens bien symbolisés), mais inaccessible à quelqu'un avec un handicap moteur car les zones de clic sont trop précises, ou inaccessible à quelqu'un de dyslexique car les lignes de textes sont justifiées avec des tailles différentes suivant les mots.

Il a été dur d'insérer l'accessibilité dans les mentalités. Maintenant que la sauce commence à prendre il ne faut pas se laisser aller à la restreindre à une sous-catégorie, sinon tout le combat sera à refaire encore une fois, mais pour une autre minorité. Sauf que là les gens auront déjà l'impression d'être accessibles (puisqu'ayant pensé aux aveugles) et les convaincre sera nettement plus complexe.

...et les autres handicapés

Braillenet intervient pour parler des handicapés en réaction à une loi centrée sur ce sujet. Je ne le leur reproche pas, c'est leur rôle et ils agissent dans le contexte de la proposition de loi. Par contre, je me permet d'étendre leur réflexion pour dire que non, l'accessibilité n'est pas réservée aux handicapés.

De la même façon qu'il ne faut pas la restreindre aux aveugles, il ne faut pas restreindre l'accessibilité aux handicapés. L'accessibilité c'est aussi quelques petites choses simples comme le fait de pouvoir accéder aux documents même si on n'a pas le système d'exploitation de la majorité, si on utilise un autre logiciel de navigation, si on n'a pas un écran 17", si on a un rendu avec peu de couleurs ou en noir et blanc, si on a un rendu texte (mais visuel), si on a une connexion avec une faible bande passante, si on n'a pas la classique suite Microsoft Office, etc. Je pourrai citer des critères comme ceux-là pendant des heures, et aucun n'est spécifique aux handicapés ou aux aveugles.

Imaginons la publication d'un texte de loi, avec un texte bien marqué pour pouvoir être relu par les aveugles : comme leur navigateur habituel est une surcouche de MSIE, rien n'empêche d'utiliser du javascript à profusion et des balises propriétaires. On peut aussi faire des lignes qui prennent toute la largeur de l'écran, justifiées avec une police de caractères difficilement lisible. On serait loin d'une page accessible mais elle ne posera de problèmes ni aux aveugles, ni aux handicapés moteurs.

L'accessibilité nous concerne tous...

J'ai ma petite idée sur le pourquoi de la focalisation sur les handicapés. Quand on dit qu'on cherche l'accessibilité aux handicapés, on a l'impression que l'auteur fait une bonne action, facultative, de façon à palier aux déficiences d'une minorité de son public. Par contre, si on commence à dire que l'accessibilité profite à tous, on en vient à déclarer que la faute n'est pas sur le public, mais sur l'auteur qui avait mal construit le site. Je ne cherche pas à être diplomate alors je le dis haut et fort : oui l'accessibilité profite à tous, et oui, quand un site n'est pas accessible la faute est bien sur son auteur, pas sur le public qui a la difficulté. Des personnes comme vous et moi auront des problèmes avec des pages non-accessibles.

Faudrait-il être forcément soit comme tout le monde, soit handicapé ? N'accepte t-on donc pas les différences autrement qu'en les reléguant sous le terme handicap ? Je ne suis pas monsieur tout-le-monde (pas plus qu'un autre), mais je n'ai rien d'exceptionnel pour autant, aucun handicap réel en tous cas. Me voilà pourtant à pester régulièrement contre la mauvaise accessibilité de certaines ressources Web. Je doute d'être le seul, mais je connais assez le domaine pour mettre un nom derrière mes difficultés et savoir que ce n'est pas la fatalité, que c'est presque à chaque fois le site qui est mal fait.

Il y a-t-il donc une erreur dans l'équation quand on parle d'accessibilité et de handicapés ? Probablement. Parlons d'accessibilité tout court, sans parler de handicapés. Non pas que je veuille les exclure, mais je veux élargir le débat.

...et bénéficie à tous

Une ressource accessible, bien construite, sera naturellement accessible aux handicapés visuels, aux handicapés moteurs, ainsi qu'à vous et à moi qui avons tous notre spécificité qui nous différencie de monsieur tout-le-monde.

Oh, je ne dis pas que tout tombe sous le sens, mais si vous pensez accessibilité lors de la construction, il serait très étonnant qu'il faille plus que des modifications mineures pour que telle ou telle catégorie de personne puisse y accéder. Inversement, si vous pensez "aveugle" et "monsieur tout-le-monde" lors de la conception, il est peu probable que votre page ne pose pas problème à des gens qui ne sont d'aucune de ces deux catégories (et sachant que la catégorie "monsieur tout-le-monde" ne regroupe en réalité pas grand monde, ça fait pas mal de personnes).

Élargissons le débat tout de suite...

Laissons les aveugles et les handicapés comme des exemples de ce que peut apporter l'accessibilité et n'en faisons pas l'unique but de l'accessibilité. Laissons les... tout de suite.

Un projet de loi tel qu'il vient est une très bonne chose, ne le nions pas. Mais en même temps, j'ai peur qu'il recule d'autant l'arrivée de l'accessibilité pour tous. Qu'il entraîne les gens à se focaliser sur des exemples particuliers et délaisser tous les autres alors que faire un seul mouvement global aurait été aussi simple.

...ensembles

Vous voulez m'aider ? Diversifiez vos exemples, laissez tomber les aveugles et daltoniens. Tout le monde les connaît ces exemples. Prenez Paul qui a simplement la vue qui baisse à la cinquantaine, Pierre qui a un petit écran qui n'affiche pas les design à 1000px, Jacques qui cherche à se repérer dans un texte de loi de 10 pages en utilisant un explorateur de titres, Nicolas qui a une petite connexion et ne peut pas télécharger les images, Sebastien qui a un micro-ordinateur de deuxième main et qui ne peut pas se permettre d'activer le javascript et autres options, Philippe qui n'a pas MS Word pour des raisons financières, Benoit qui utilise le clavier car sa souris fonctionne mal, Jean qui a un navigateur différent car il a des besoins spécifiques, Michel qui passe par un moteur de recherche ou un autre processus automatique de lecture de page Web, etc.

Tous ces gens bien sympa ont aussi un avantage : ils ressemblent à monsieur tout-le-monde. Ils font prendre conscience que l'accessibilité n'est pas juste là pour quelques aveugles, mais aussi pour votre voisin de palier, le fils de votre patron ou l'auteur de ce billet. Allons, pensez à eux aussi : élargissez le débat, "oubliez les handicapés".

Eric Daspet | 2004.03.11 @ 18:15 | 14 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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mercredi 10 mars 2004
par Denis Boudreau

Pompage de mars 2004

Fidèle au poste, l'équipe des Pompeurs livre à nouveau la marchandise ce mois-ci avec un article du très prolifique Russ Weakly, l'un des fondateurs du Web Standards Group australien. Le dit article, "Les listes de définitions : mal utilisées ou mal comprises ?" fait un survol assez complet de cet élément HTML plutôt méconnu et nous démontre admirablement qu'avec un peu de CSS et beaucoup d'imagination, il est possible d'accomplir de grandes choses avec bien peu de code. Est-il nécessaire de vous inviter à découvrir l'article, et à vous essayer vous-mêmes avec les listes de définitions ?

Denis Boudreau | 2004.03.10 @ 22:41 | 3 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 09 mars 2004
par Denis Boudreau

Manifestation pacifique et demande de destitution

"La culture est dans le rouge".

Voilà le slogan de la manifestation à laquelle j'ai pris part ce matin pour s'opposer à la volonté du gouvernement Charest de sabrer 35 millions dans la culture au Québec. Quand on sait que, simplement pour se mettre à niveau avec la hausse du coût de la vie, la culture au Québec aurait besoin de recevoir 95 millions de dollars supplémentaires seulement pour l'exercice 2004, dans le but de préserver les acquis si dûrement mis en place depuis les dernières années, c'est donc une coupure draconienne de 130 millions de dollars à la culture que s'apprête à opérer le gouvernement libéral de celui que la population a d'ores et déjà affectueusement baptisé "Patapouf Premier".

Concrètement les coupures du libéral en matière de culture, signifient :

  • un appauvrissement désolant de la richesse des productions culturelles au Québec de tous les ordres ;
  • une centralisation du domaine culturel dans les grands centres (principalement les villes de Montréal et de Québec) ;
  • la mort de la plupart des efforts culturels en région, qui verront leurs subventions fondre comme neige au soleil.

Pûrement et simplement inacceptable, mais pas forcément surprenant de la part d'un gouvernement rétrograde et condescendant qui, par ses nombreuses politiques de coupures massives, est en train de nous replonger dans l'univers de la période Duplessienne.

Parlant de neige qui fond, je suis toujours aussi soufflé par l'énergie extraordinaire qui se dégage d'une manifestation de cet ordre. J'imagine qu'il faut vraiment avoir participé à une manif pour comprendre de quoi je parle à l'instant. Le grognement sourd d'une population qui s'oppose, la synergie d'un groupe qui défie l'autorité pour exprimer son mécontentement, la force tranquille de centaines de voix qui s'unissent pour scander à l'unisson : "Monsieur Charest. Monsieur Charest, dormez-vous ? Dormez-vous ? Sonnez les matines, sonnez les matines. Ding, dang, dong. Ding, dang, dong".

Ça vous redonne furieusement l'impression d'être en vie, de participer activement à l'élaboration d'une société meilleure, plus en ligne avec de vraies valeurs. Dans la naissance d'un printemps montréalais, avec des rigoles d'eau qui courent le long des rues et des crottes de chiens qui pointent partout, avec cette douce brise printanière qui nous soufflait au visage, les gens étaient beaux, beaux d'une détermination féroce.

Combien de temps attendrons-nous encore, combien d'autres affronts essuirons-nous avant de destituer Patapouf ? De mémoire, je n'ai jamais vu un gouvernement faire si peu la satisfaction du peuple. Mon seul regret dans cette manifestation fût de ne pas avoir ma caméra, ni d'avoir pu blogguer l'évènement live sous connexion sans-fil étendue ; mes propos auraient été beaucoup plus vifs et incisifs dans le feu de l'action.

Denis Boudreau | 2004.03.09 @ 12:27 | 4 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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lundi 08 mars 2004
par Denis Boudreau

Nielsen, adaptation et Web

L'ami Élie Sloïm, dans sa plus récente brève, rapporte que le Journal du Net publiait dernièrement une traduction d'entrevue avec l'incontournable Jakob Nielsen. Comme le dit si bien Élie, si vous êtes un habitué d'ergonomie, d'utilisabilité ou de relation humain-machine, l'article ne vous apportera vraisemblablement pas grand chose de neuf, mais si ces notions sont encore un peu obscures pour vous, l'entrevue du JdN pourrait vous lancer sur de très bonnes pistes... car après tout, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Alors que je saluais hier la persévérance et la tenacité d'acteurs importants comme Jean-Marie D'Amour pour ce qui a trait à l'accessibilité universelle des contenus sur le Web, comment ne pas saluer ces qualités chez un Nielsen, qui répète inlassablement les mêmes principes autrement très simples depuis une dizaine d'années. Si le discours de Nielsen s'est énormément rafraîchi dans les dernières années (les mauvaises langues dont j'en suis vous diront qu'il était temps), le fond lui, demeure sensiblement le même : des pages légères, une organisation logique des éléments, une navigation claire, des fonctionnalités simples, mais efficaces tout de même.

Ça tombe tout à fait sous le sens, lorsqu'on y pense un peu. C'est peut-être justement pour cela que le message ne passe pas très vite.

Denis Boudreau | 2004.03.08 @ 22:24 | 6 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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dimanche 07 mars 2004
par Denis Boudreau

La force d'un volcan tranquille

Je ne me lasserai jamais de le répéter. L'accessibilité universelle est un concept qui gagne progressivement du terrain dans la conscience sociale et qui s'installe tranquillement dans le domaine jusqu'ici hermétique du développement et de l'expérience Web. Si pour moi, il peut à l'occasion devenir lassant de promouvoir les grands principes d'accessibilité alors que je n'en suis réellement conscient que depuis environ trois ans, imaginez comment il faut être motivé pour évangéliser sans relâche à ce sujet depuis les toutes premières heures de revendication.

Heureusement pour nous, il y a de ces gens qui y croient suffisamment fort pour y dédier leur vie ou du moins, le plus fort de leurs énergies professionnelles. Lorsqu'on a la chance, comme c'est mon cas depuis un an, de collaborer régulièrement avec l'un de ces piliers de l'accessibilité, on ne peut faire autrement que de se sentir très privilégié. La motivation et la Foi, c'est vrai que ça peut faire déplacer des montagnes.

Permettez-moi d'en prendre à preuve Jean-Marie D'Amour, dont je vous ai souvent parlé par le passé, autant comme collaborateur de W3Québec que comme la force derrière l'étude d'accessibilité des sites Web québécois qui fut rendue publique en décembre dernier. Par sa seule détermination, cet homme est en train de façonner le paysage du web québécois pour l'ouvrir aux personnes handicapées du Québec. Pourtant à le regarder aller comme ça, il a l'air bien tranquille.

Le quotidien La Seigneurie, dans la foulée du tabac médiatique associé à l'étude d'accessibilité, propose justement cette semaine une mini entrevue avec Jean-Marie, dans laquelle on lui permet de donner son point de vue sur la question. Il en dresse un état éloquent, où l'on peut sentir la lueur d'espoir pour un Web plus ouvert et plus égalitaire :

"C'est dommage car généralement, c'est assez facile à corriger mais les webmestres n'y pensent pas toujours. Le seul fait d'inclure un court texte de remplacement pour les photos fait toute la différence, indique M. D'Amour. Les voyants ont accès à un grand nombre de sources d'information, notamment les bibliothèques, les journaux et la télévision. Internet est donc encore plus intéressant pour les non-voyants qui n'ont qu'un accès très limité à toutes ces autres sources. Malheureusement, à force de rencontrer des difficultés, beaucoup se découragent ou ne consultent que certains sites très accessibles. Pour le commerce électronique notamment, c'est très difficile. Il faut être un peu acrobate."

C'est grâce à des modèles comme Jean-Marie que je trouve quotidiennement la force d'alimenter C². La prochaine fois que vous aurez envie de me remercier pour ma discipline ou la fréquence de mes interventions sur ce carnet, ayez plutôt une bonne pensée pour Jean-Marie D'Amour. Sans des exemples de détermination comme lui, je me serais probablement découragé depuis fort longtemps. Seule ombre au tableau de l'article, il n'y a aucune mention d'une URL pour l'étude. Permettez-moi donc de rectifier cette injustice ici.

Denis Boudreau | 2004.03.07 @ 23:46 | 2 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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samedi 06 mars 2004
par Denis Boudreau

La fin de la Grande Noirceur ?

La menace est probablement enfin passée ; au plaisir de ne plus jamais en entendre parler.

Denis Boudreau | 2004.03.06 @ 22:42 | 0 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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vendredi 05 mars 2004
par Denis Boudreau

Réflexions sur la crédibilité

Il y a un bon moment de cela, octobre 2002 pour être exact, j'avais découvert au hasard de mes pérégrinations sur la Toile un projet universitaire intitulé le Web Credibility Project qui était destiné, vous le devinerez sans peine, à la revendication et à la construction de la crédibilité d'un groupe lors de sa représentation sur le Web. Je me souviens à l'époque, alors que je cherchais par tous les moyens à accroître mon bassin de visiteurs, de m'être beaucoup inspiré des réflexions issues de ces travaux pour rehausser la qualité de l'approche sur Cybercodeur. Ou du moins, ce qui me semblait être pertinent pour arriver à fidéliser les visiteurs, dont vous êtes, à mes nombreuses lubies et utopies.

Quelques billets plus ou moins maladroits et quelques projets stimulants plus tard, les questions de crédibilité sur la Toile sont revenues me hanter... mais cette fois-ci, pour des raisons différentes. Le raisonnement était assez simple ; comment accorder une once de crédibilité à quelqu'un qui n'arrive même pas à endosser suffisamment ses opinions pour les signer de son propre nom ? Vous conviendrez qu'une telle opinion est bien personnelle. Libre à vous de poursuivre dans la voie du pseudonymat si bien vous sied. Ceci ne se veut pas une attaque, mais simplement une (trop longue) entrée en matière. À mon sens, pseudonyme se marrie très mal avec transparence. Comme d'habitude, je me réserve le droit d'être dans le champ.

Certains d'entre vous l'auront peut-être déjà remarqué, mais je déteste faire référence à quelqu'un en utilisant son pseudonyme. C'est d'ailleurs une des premières choses que j'écarte systématiquement lors des échanges avec mes interlocuteurs. Cette aversion est doublement forte lorsque j'en suis à citer la dite personne comme source de référence sur un sujet précis. En effet, comme j'accorde (à tort ou à raison) bien peu de crédibilité à quelqu'un qui se cache derrière un pseudonyme ou pire encore, l'anonymat pour exprimer ses opinions, j'ai peu tendance à privilégier cette pratique moi-même.

L'intérêt de communiquer, c'est de toucher les gens, d'apprendre à les connaître, de laisser tomber les masques, de s'ouvrir à l'autre. En effet, combien en connaissez-vous, de véritables références dans un domaine qui se nomment BigNormando2003 ou encore, FireFightingMike ? Non, les vraies références, celles qui acquiert leur crédibilité, sont respectées et s'inscrivent dans le cours de l'Histoire se nomment Tristan Nitot, Jeffrey Zeldman, Dave Shea, Douglas Bowman, etc. Pas Bambi21. La crédibilité, ça commence d'abord et avant tout par l'image que l'on projette, pas l'originalité de notre sobriquet.

Vous l'aurez remarqué, dans cet ordre d'idées, depuis quelques jours, les billets de ce site ne sont plus signés d'un pseudonyme, mais de mon propre nom. Il en va également de même depuis longtemps pour mes interventions dans les carnets de mes voisins, sur lesquels j'aime bien griffoner à l'occasion. En fait pour tout dire, si j'ai si longuement tardé avant de signer les billets de C² par mon nom, c'est juste que depuis longtemps, je ne vois plus la signature en bas de billet... trop de routine peut-être. La mention "Cybercodeur" aurait du disparaître depuis fort longtemps.

Enfin, cette réflexion s'inscrit dans le cadre d'une profonde remise en question quant à la pertinence de notre approche de sensibilisation pour promouvoir les normes et l'accessibilité. Certains bons copains m'ont dit à la blague que je perdais Foi. Plusieurs discussions intéressantes ont lieu de part et d'autres ces jours-ci sur la question. Nous reviendrons sur tout ça plus en détail dans les billets à venir, mais il me semble qu'il est grand temps que nous fassions quelques pas vers l'avant collectivement. Je sais de source sûre que je ne suis pas le seul à ressentir une forme de fermeture de plus en plus marquante dans notre blogosphère, déguisée sous des grands airs d'ouverture d'esprit.

Pour en avoir discuté avec certains d'entre vous, il est clair que cette tendance en déçoit avec raison plusieurs. Il est peut-être temps de se réinventer, de voir que les standards du Web en eux-mêmes, sont loins d'être le bout du monde, mais qu'ils s'inscrivent plutôt dans un ensemble beaucoup plus vaste, avec d'autres aspects tout aussi importants que l'on pourrait englober sous l'appelation très générale de qualité des services en ligne.

C'est très décevant de constater que trop souvent, l'égo de certaines personnes prend plus d'importance que la cause défendue. Les bloggueurs ne devraient-ils pas être comme une colonnie de fourmis au service des meilleurs intérêts de leur collectivité, plutôt que des vedettes en quête d'une gloire personnelle éphémère ?

Mais je me tais car clairement, je brûle des étapes. Je ne devrais pas vous parler de tout cela tout de suite. Tout ce que je souhaitais faire pour le moment, c'était vous informer de la publication d'un article chez lergonome sur la crédibilité Web. Faudra blâmer mon dérapage sur la fatigue... ou une switch beaucoup trop lousse, pour employer une expression bien de chez nous. :)

Denis Boudreau | 2004.03.05 @ 23:04 | 14 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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jeudi 04 mars 2004
par Denis Boudreau

Améliorer concrètement l'accessibilité numérique

Selon Yahoo ! Actualités, BrailleNet (avec Pierre Guillou, responsable de la section accessibilité Web à sa tête), prend le taureau par les cornes ces jours-ci en remettant au gouvernement Français une série de propositions visant à améliorer la condition des personnes handicapées sur le Web. Inspirée par les recommandations du rapport Perben déposé en janvier, BrailleNet entend profiter du vote du projet de loi "pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté de ces personnes", pour faire valoir et entendre ses propositions concrètes à cet effet et contribuer activement à faire avancer la cause de l'accessibilisation universelle des contenus sur le Web. Inspirant.

On sent encore une fois que le vent commence à tourner, et pas juste en France. Il en va de même au Québec, alors qu'une résistance s'organise autour de groupes comme W3Québec, qui font de l'accessibilité et des normes issues du Consortium W3 un cheval de bataille.

Dam_ned, lecteur de C² et du StandBlog, proposait aujourd'hui sur le site de l'ami Tristan que BrailleNet entre en contact avec moi puisque je dirige des activités similaires ici même avec mes partenaires, dans le cadre de W3Québec. L'idée est intéressante et vivement stimulante. W3Qc pourrait définitivement bénéficier de l'expérience d'un BrailleNet et de monsieur Guillou pour nous aider à secouer les puces du gouvernement québécois qui en est justement à planifier ces temps-ci l'éventuel "gouvernement en ligne".

Il importe de s'assurer que cette fois, les personnes handicapées québécoises ne seront pas tenues à l'écart du grand projet de société numérique. Comme le disait si bien Jean-Marie D'Amour, dans l'étude d'accessibilité des sites Web québécois en décembre dernier :

"La capacité de naviguer sur le Web est aujourd'hui une condition de la participation sociale. La fracture numérique frappe d'exclusion les plus démunis de notre société pour des raisons économiques ou tout simplement parce que ces personnes ont des incapacités fonctionnelles dont les maîtres de ces technologies n'ont pas tenu compte. L'exclusion fondée sur les incapacités fonctionnelles frappe particulièrement les personnes handicapées, mais affecte également à des degrés divers une grande proportion de la population vieillissante.

Pourtant, le Web permet aux personnes handicapées d'abolir des barrières au niveau de l'accès à l'information ou des déplacements pour réaliser des transactions. En ce sens, le Web constitue un outil très important de participation sociale qui est malheureusement lui-même semé d'obstacles qui en rendent l'utilisation difficile ou impossible."

En fait, c'est à nous d'y voir sinon, qui le fera ? Peut-on considérer ce billet comme une invitation officielle à BrailleNet pour prendre contact avec W3Québec, afin d'unir nos efforts à la réalisation d'un but commun pour un Web Franco-Québécois plus accessible ? Absolument !

Denis Boudreau | 2004.03.04 @ 23:40 | 2 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page

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mercredi 03 mars 2004
par Denis Boudreau

État du Web conforme Danois

Soren Johannessen, aiguillé par le ministère danois des sciences, technologies et innovations qui encourage ouvertement les sites d'intérêt public à appliquer les normes issues du W3C, a récement décidé de passer quelques 2033 sites Web danois d'importance sous le verdict du validateur W3C afin d'en mesurer l'étendue réelle en terme de respect des normes.

Les résultats, vous vous en douterez certainement, sont loin d'être éloquents. Ou au contraire, ils le sont beaucoup car dans ce genre d'histoire, tout n'est toujours qu'une simple question de points de vue. Absence de Doctype, mauvais encodage des caractères spéciaux, usage propriétaire de HTML sont autant de raisons visant à repousser l'avènement d'un Web plus ouvert à tous les Danois.

Denis Boudreau | 2004.03.03 @ 23:39 | 1 commentaire | 0 trackbackretour au début de la page

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mardi 02 mars 2004
par Denis Boudreau

Votre site Web : de la dépense à l'investissement

Votre site Web : de la dépense à l'investissement

Pas tellement le temps de blogguer ces temps-ci avec tous les projets qui m'occupent et honnêtement, ça m'embête un peu. Néanmoins, le hasard fait bien les choses puisque pas plus tard que ce matin sortait mon deuxième article pour le compte d'AgentSolo, toujours sur l'intérêt des normes issues du W3C. Orienté vers un public décideurs, cet article aborde certains sujets qui nous sont un peu plus connus, comme les gains de performance et de bande passante d'un site conforme et accessible.

Enfin, si vous trouvez ça pas trop mal, faites-le circuler... on sait jamais, du coup que ça tomberait entre les mains de quelqu'un qui est prêt à tranformer ses dépenses Web en investissements à long terme. ;)

Denis Boudreau | 2004.03.02 @ 23:18 | 7 commentaires | 1 trackbackretour au début de la page

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lundi 01 mars 2004
par Denis Boudreau

Le support Javascript n'est plus ce qu'il était

Non, ce n'est plus une nouvelle pour personne que depuis janvier dernier, Thecounter.com a enfin recommencé à produire ses statistiques mensuelles sur l'évolution des habitudes des internautes. Ils nous y avaient fidélisés depuis janvier 2000 ; pour plusieurs dont moi-même, ces statistiques ont longtemps fait office de lignes directrices pour juger de l'évolution globale du Web, notamment pour ce qui avait trait aux visées et orientations technologiques des projets à développer. Si en apparence, les activités ont finalement repris comme avant pour TheCounter, il y a tout de même quelques petites différences notoires entre la formule actuelle et la formule précédente que vous auriez intérêt à savoir afin de mieux les consulter dorénavant. Du moins, pour les consulter d'un oeil avisé.

En consultant justement les statistiques du mois de février, j'ai eu la surprise de constater que selon eux, le pourcentage d'utilisateurs ne supportant pas Javascript était en chute libre. Alors qu'il avoisinnait fidèlement les 13% en regard des statistiques de mai dernier, ne voilà t-il pas qu'en janvier et en février, TheCounter affirmait que ce même pourcentage était maintenant de seulement 5%. Comment était-ce possible ?

C'est clair qu'une telle modification des statistiques portait un coup mortel à mon argument anti-javascript en ce qui a trait à l'accessibilité. Déjà difficile à faire passer comme problématique à plus de 10%, qu'allait-il en être à 5% ? À coup sûr, il fallait qu'il y ait une lamentable erreur, car au cours des derniers mois, aucunes innovations technologiques dignes de ce nom aurait pu faire fondre un aussi gros pourcentage d'utilisateurs. J'ai donc décidé de prendre contact avec les responsables du service pour leur poser la question. Voici ce que ça a donné :

{Question}

I have a question to ask regarding the global stats you make available for public each month. Before you stopped making them public back in may of last year, javascript disabled users summed up to 13% of your users.

With the return of the stats in january of this year, this number melted down to a mere 5%. I was wondering how this drop could be interpreted. Since there hasn't been any significant changes in the browser industry (other than the evolution of gecko based browsers) and no technological break-throughs for Javascript suppport in alternative browsing technologies such as screen readers, palm pilots or cell phones, I was thinking maybe it was how you counted them that may have changed.

Thank you for clarifying this. This information is also crucial to me in terms of evangelisation of accessibility principles.

{Réponse}

Denis, we are now only posting global stats for our paid premium users. In May of 2003, we announced we would no longer be able to support free counter accounts after 8/4/03. Since we were not posting to that area for some time, the numbers have now been adjusted to only include the paid premium users.

La conclusion qu'il faut en tirer selon moi et que les statistiques qui nous avaient été présentées jusqu'à mai 2003 (à ce niveau du moins), reposaient sur n'importe quoi. Comme ils sondaient n'importe quel type de compte, il est fort probable que plusieurs étaient fictifs, avec des applications qui devaient arpenter les sites mécaniquement, ce qui expliquerait le nombre anormalement élevé d'utilisateurs sans javascript ; un nombre qu'il nous avait tous toujours été difficile de cautionner d'ailleurs. À partir du moment où chaque compte figurant dans les statistiques est un compte payant, on obtient au moins une assurance ; celle que les données seront plus représentatives des habitudes d'utilisation réelles, par des humains et non des robots.

Vous avez une meilleure explication, vous, pour expliquer le phénomène ?

Denis Boudreau | 2004.03.01 @ 23:43 | 2 commentaires | 0 trackbackretour au début de la page